Comment créer une entreprise en Suisse en 2026 ?

Guide · Création d’entreprise en Suisse

Comment créer une entreprise en Suisse en 2026 ?

Pour ouvrir une entreprise en Suisse, il faut valider le projet, choisir la forme juridique, fixer le nom et le siège, accomplir les formalités puis organiser la comptabilité, la TVA et les assurances sociales. Voici le parcours complet, sans confondre capital, frais de création et obligations après l’inscription.

Romain Prieur
Par Romain Prieur, expert-comptable diplômé
Mis à jour le

Voir les étapes de création ↓

En bref

Créer une entreprise en Suisse, en bref

La création ne commence pas chez le notaire. Elle commence par un modèle économique viable et le choix d’une structure adaptée au risque, aux associés, au financement et à la croissance envisagée.

  • Une raison individuelle n’exige aucun capital minimum, mais l’entrepreneur répond personnellement des dettes.
  • Une Sàrl exige un capital de CHF 20’000, entièrement libéré à la constitution.
  • Une SA exige un capital-actions de CHF 100’000, dont au moins CHF 50’000 doivent être libérés.
  • La Sàrl et la SA nécessitent un acte authentique devant notaire et une inscription au registre du commerce.
  • Le statut AVS, la TVA, la comptabilité et les assurances doivent être organisés dès le démarrage, pas après la première échéance.

Le portail officiel des PME propose également une check-list de création pour la raison individuelle, la Sàrl et la SA.

Le parcours

Les étapes pour ouvrir une entreprise en Suisse

Les démarches varient selon la forme juridique, mais leur ordre reste important. Préparer les décisions en amont évite de modifier les statuts, de refaire un dossier bancaire ou de découvrir trop tard une obligation fiscale.

  1. Valider le marché et le modèle économique. Identifiez vos clients, vos concurrents, votre avantage et les règles propres à l’activité.
  2. Construire le business plan et le budget. Chiffrez les investissements, le besoin de trésorerie, les charges fixes et plusieurs scénarios de chiffre d’affaires.
  3. Choisir la forme juridique. Comparez responsabilité, capital, fiscalité, assurances sociales, gouvernance et arrivée de futurs associés.
  4. Fixer la raison sociale et le siège. Vérifiez le nom, le domaine internet, la marque éventuelle et l’adresse de domiciliation.
  5. Préparer le financement. Distinguez le capital social, qui reste dans la société, des frais de banque, de notaire, de registre et d’accompagnement.
  6. Constituer ou annoncer l’entreprise. La Sàrl et la SA passent par la banque, le notaire et le registre du commerce; l’indépendant demande la reconnaissance de son statut à la caisse AVS.
  7. Organiser les obligations de démarrage. Numéro IDE, TVA, comptabilité, facturation, assurances et salaires doivent être prêts avant les premières échéances.
  8. Piloter la trésorerie. Suivez les encaissements, les dépenses et la rentabilité réelle dès les premiers mois.

Étude de marché et business plan

Une étude de marché utile ne se limite pas à décrire un secteur. Elle vérifie qui achètera, à quel prix, face à quelles alternatives et avec quelles contraintes réglementaires. L’analyse des entreprises concurrentes permet de tester le positionnement avant d’engager des frais fixes.

Le business plan transforme ensuite l’idée en hypothèses chiffrées. Le plan financier doit couvrir les investissements, les besoins de financement, le fonds de roulement et un plan de trésorerie. Si le projet nécessite des fonds externes, préparez aussi les éléments permettant de convaincre des investisseurs ou de comparer les solutions de financement d’une PME ou d’une start-up.

Conseil pratique : le scénario prudent est souvent le plus utile. Il montre combien de mois l’entreprise peut fonctionner si les ventes démarrent plus lentement que prévu.

Décision structurante

Choisir la bonne forme juridique

Le choix ne dépend pas seulement du capital disponible. Il faut aussi regarder la responsabilité personnelle, le nombre de fondateurs, le statut social du dirigeant, la fiscalité, la gouvernance et les perspectives de croissance. Notre guide dédié aide à comparer les formes juridiques suisses plus en détail.

Forme Capital minimum Responsabilité Création Profil fréquent
Raison individuelle Aucun Personnelle et illimitée Activité + reconnaissance AVS; RC obligatoire dès CHF 100’000 de chiffre d’affaires pour une activité exploitée en forme commerciale Une personne qui démarre seule avec peu de risques
SNC Aucun Personnelle, illimitée et solidaire Contrat recommandé et inscription au RC Plusieurs associés fortement impliqués
Sàrl CHF 20’000, entièrement libérés En principe limitée au patrimoine de la société Statuts, acte authentique et RC PME, entreprise familiale ou associés actifs
SA CHF 100’000, dont au moins CHF 50’000 libérés En principe limitée au patrimoine de la société Statuts, acte authentique et RC Investisseurs, gouvernance structurée ou croissance importante

Sàrl ou SA ?

La Sàrl est souvent adaptée aux PME grâce à son capital plus accessible et à une gouvernance plus personnelle. La SA facilite une organisation plus institutionnelle et l’entrée d’investisseurs. Le capital social d’une Sàrl ou d’une SA n’est pas un coût perdu : après l’inscription, il appartient à la société et peut servir à son activité.

Dans une SA, les actionnaires ne sont en principe pas inscrits au registre du commerce, contrairement aux associés d’une Sàrl. Il ne faut toutefois pas parler d’anonymat absolu : les obligations d’identification des ayants droit économiques et les règles de transparence restent applicables. Pour arbitrer, consultez aussi notre comparatif Sàrl ou SA en Suisse.

Guide vidéo

Créer une Sàrl en Suisse, en vidéo

Cette vidéo résume les décisions et les formalités essentielles pour constituer une Sàrl en Suisse.

Vidéo publiée par Entreprendre en Suisse avec Romain. Voir la vidéo sur YouTube ou découvrir d’autres vidéos sur la création d’entreprise en Suisse.

Raison individuelle ou société de personnes

La raison individuelle permet de commencer sans capital minimum, mais le patrimoine privé n’est pas séparé de l’activité. La société en nom collectif réunit plusieurs personnes, avec une responsabilité solidaire et illimitée qui doit être pleinement comprise.

Comparaison des formes juridiques pour créer une entreprise en Suisse
Les principales formes juridiques suisses à comparer avant la création.

Cette vidéo présente les structures les plus courantes et les questions qui permettent de les départager.

Vidéo Karpeo. Voir la vidéo sur YouTube ou découvrir d’autres vidéos sur l’entrepreneuriat en Suisse.

Identité et adresse

Choisir le nom, le siège et la domiciliation

Vérifier la raison sociale

Avant de déposer un dossier, recherchez le nom envisagé dans Zefix, l’index central des raisons de commerce. La disponibilité d’un nom identique ne suffit pas toujours : il faut aussi éviter le risque de confusion avec une entreprise existante et vérifier le nom de domaine.

Les règles dépendent de la forme juridique. La raison individuelle doit contenir le nom de famille du titulaire. Une Sàrl ou une SA peut choisir un nom plus libre, mais doit indiquer sa forme juridique. La raison sociale n’est pas nécessairement identique à la marque commerciale : si le nom est stratégique, pensez aussi au dépôt de marque en Suisse.

Choisir le siège sans regarder uniquement le taux d’impôt

Le canton et la commune influencent la fiscalité, mais aussi les coûts, l’accès aux clients, le recrutement et certaines règles salariales. Comparez les taux d’imposition des entreprises par canton avec la réalité opérationnelle du projet. À Genève, le salaire minimum cantonal peut aussi peser dans le budget d’un employeur.

Le siège doit correspondre à une adresse exploitable par la société. Si vous ne disposez pas de locaux adaptés, une domiciliation d’entreprise à Genève peut fournir l’adresse et organiser la réception du courrier. Pour une structure de détention, les critères sont encore différents : consultez notre guide sur la société holding en Suisse.

Constitution

Les formalités administratives, selon la structure

Créer une Sàrl ou une SA

La société de capitaux existe juridiquement après son inscription au registre du commerce. Le dossier suit généralement cet ordre :

  1. définir la raison sociale, le but, le siège, les associés ou actionnaires, les organes et les droits de signature ;
  2. préparer les statuts de la société ;
  3. ouvrir un compte de consignation du capital et déposer les fonds ;
  4. signer l’acte authentique devant notaire ;
  5. déposer le dossier au registre du commerce et recevoir l’extrait ainsi que le numéro IDE ;
  6. faire libérer le capital et ouvrir les accès bancaires opérationnels.

La société doit pouvoir être représentée par au moins une personne domiciliée en Suisse. Pour une Sàrl, il peut s’agir d’un gérant ou d’un directeur. Le rôle comporte des devoirs précis : notre article détaille la responsabilité du gérant de Sàrl.

Démarrer une raison individuelle

L’entreprise individuelle naît par l’exercice durable d’une activité indépendante. Le titulaire demande à la caisse de compensation de reconnaître son statut au regard de l’AVS. La décision se fonde sur les conditions réelles : activité en son nom, risque économique, organisation propre et autonomie. L’inscription au registre du commerce devient notamment obligatoire, pour une activité exploitée en forme commerciale, lorsque le chiffre d’affaires annuel dépasse CHF 100’000.

Le statut d’indépendant n’est donc pas accordé par le registre du commerce. Il relève de la caisse AVS compétente. Pour le parcours complet, consultez notre guide pour devenir indépendant en Suisse.

La vidéo suivante résume les avantages, les limites et les démarches de la raison individuelle.

Vidéo Karpeo. Voir la vidéo sur YouTube ou parcourir les autres explications Karpeo en vidéo.

Peut-on créer l’entreprise en ligne ? Une grande partie du dossier peut être préparée et suivie à distance. Une Sàrl ou une SA exige toutefois un acte authentique, des contrôles d’identité et une relation bancaire. « En ligne » ne signifie donc pas « sans notaire ni vérification ».

Après l’inscription

Comptabilité, TVA, fiscalité et assurances

Une entreprise n’est pas terminée lorsque l’extrait du registre du commerce arrive. Elle doit être capable de facturer, d’enregistrer ses opérations, de payer les salaires et de respecter ses échéances dès le premier jour.

Tenir une comptabilité adaptée

Les personnes morales, dont les Sàrl et SA, tiennent une comptabilité complète et présentent des comptes annuels. Les raisons individuelles et sociétés de personnes dont le chiffre d’affaires ne dépasse pas CHF 500’000 peuvent tenir une comptabilité simplifiée portant au minimum sur les recettes, les dépenses et le patrimoine. Au-dessus de ce seuil, la comptabilité complète s’applique.

Les pièces comptables et les rapports liés à la comptabilité doivent être conservés pendant au moins dix ans. Pour approfondir, voyez ce que signifie tenir une comptabilité régulière ou confiez sa mise en place au service de comptabilité Karpeo.

Révision des comptes

Un contrôle ordinaire s’impose notamment lorsqu’une entreprise dépasse deux des trois seuils suivants pendant deux exercices successifs : CHF 20 millions de total du bilan, CHF 40 millions de chiffre d’affaires et 250 emplois à plein temps. Les autres sociétés de capitaux relèvent en principe du contrôle restreint, avec possibilité d’opting-out si les conditions légales sont réunies, notamment moins de dix emplois à plein temps en moyenne annuelle et l’accord de tous les associés ou actionnaires.

TVA et impôts

L’assujettissement à la TVA suisse doit être examiné dès le lancement. En règle générale, l’entreprise est obligatoirement assujettie lorsqu’elle atteint CHF 100’000 de chiffre d’affaires déterminant provenant de prestations non exclues du champ de l’impôt. Des exceptions et règles spécifiques existent, notamment pour certaines prestations ou entreprises étrangères. Une inscription volontaire peut aussi être pertinente. Notre guide explique comment obtenir un numéro TVA.

La raison individuelle est imposée chez son titulaire, alors qu’une Sàrl ou une SA est une personne morale imposée sur son bénéfice et son capital. La rémunération, les dividendes et le canton modifient ensuite la charge globale : les choix fiscaux doivent donc être liés au plan financier, pas décidés isolément.

Assurances sociales et assurances privées

Le propriétaire d’une raison individuelle reconnu indépendant paie ses propres cotisations AVS/AI/APG et organise sa prévoyance. Le fondateur qui travaille dans sa Sàrl ou sa SA est considéré comme salarié de la société. Dès qu’une entreprise emploie du personnel, elle doit examiner les obligations AVS, assurance-accidents, allocations familiales et prévoyance professionnelle.

Non-résidents et frontaliers

Créer une entreprise en Suisse depuis l’étranger

Créer une société suisse depuis l’étranger est possible dans de nombreux cas, mais la constitution de la société et le droit de travailler ou de résider en Suisse sont deux sujets distincts.

  • Sàrl et SA : la société doit pouvoir être représentée par au moins une personne domiciliée en Suisse disposant d’un droit de signature approprié.
  • Raison individuelle : le titulaire doit pouvoir exercer l’activité en Suisse et obtenir la reconnaissance du statut d’indépendant.
  • UE/AELE et États tiers : les conditions d’autorisation diffèrent selon la nationalité, le domicile, le statut de frontalier et la situation du projet.

Un ressortissant étranger ne doit donc pas déposer les statuts avant d’avoir vérifié la représentation, les autorisations et les exigences bancaires. Le portail PME de la Confédération résume les règles pour les ressortissants étrangers qui créent une entreprise en Suisse. Une entreprise étrangère peut aussi envisager de créer une succursale en Suisse lorsque cette structure répond mieux à son implantation.

Soutien

Aides et accompagnement à la création

Il n’existe pas de subvention fédérale générale versée automatiquement pour ouvrir une entreprise ordinaire. Les aides visent des situations ou projets précis : innovation, recherche, chômage, implantation cantonale ou accompagnement de start-up.

  • Innosuisse propose des instruments d’encouragement et du coaching pour des projets innovants répondant à ses critères.
  • GENILEM accompagne des entreprises innovantes en Suisse romande.
  • FONGIT soutient notamment des start-up technologiques dans l’écosystème genevois.
  • Les mesures de soutien à l’activité indépendante de l’assurance-chômage peuvent concerner certaines personnes inscrites auprès d’un ORP.

Pour les démarches de constitution, Entreprendre.ch permet aussi de préparer une création de société en ligne. Si votre difficulté porte plutôt sur la structure, la fiscalité ou les chiffres, une session de conseil en création d’entreprise permet de traiter votre situation avant d’engager les frais.

Expérience client

Des entrepreneurs accompagnés à chaque étape

Le choix de la structure, la constitution et l’organisation comptable demandent des décisions coordonnées. Voici les avis récents laissés par les clients de Karpeo.


Passer du projet à l’entreprise

Créez votre entreprise avec un dossier clair

Karpeo vous aide à choisir la structure, préparer la constitution et anticiper la comptabilité, la TVA et les assurances avant les premières échéances.

Questions fréquentes

FAQ – Créer ou ouvrir une entreprise en Suisse

Quelles sont les étapes pour créer une entreprise en Suisse ?

Il faut valider le marché et le financement, choisir la forme juridique, fixer le nom et le siège, préparer les documents, accomplir les démarches auprès de la banque, du notaire ou de la caisse AVS selon la structure, puis organiser le registre du commerce, la TVA, la comptabilité et les assurances.

Quelle forme juridique choisir entre raison individuelle, Sàrl et SA ?

La raison individuelle convient souvent à une personne qui démarre sans capital et accepte une responsabilité personnelle. La Sàrl sépare le patrimoine de la société avec un capital minimum de CHF 20’000. La SA demande CHF 100’000 de capital-actions, dont au moins CHF 50’000 libérés, et répond davantage aux projets avec investisseurs ou gouvernance structurée.

Combien coûte l’ouverture d’une entreprise en Suisse ?

Le coût dépend de la forme et de la complexité. Une raison individuelle peut démarrer avec peu de frais. Pour une Sàrl ou une SA, il faut distinguer le capital, qui reste dans la société, des frais de banque, de notaire, de registre du commerce et d’accompagnement. Karpeo propose un accompagnement à la création dès CHF 490, les frais de tiers et le capital étant présentés séparément selon le dossier.

Combien de temps faut-il pour créer une société en Suisse ?

Le délai dépend de la banque, du notaire, du canton et du registre du commerce. Un dossier complet avance généralement en quelques semaines. Les vérifications d’identité, la provenance du capital ou une situation internationale peuvent prolonger le calendrier.

Peut-on créer une entreprise suisse en ligne ?

Oui, une grande partie du dossier peut être préparée à distance. La Sàrl et la SA exigent toutefois un acte authentique devant notaire, des contrôles d’identité et l’ouverture d’une relation bancaire. La création en ligne simplifie la coordination, mais ne supprime pas ces exigences.

Un Français ou un non-résident peut-il créer une société en Suisse ?

Oui dans de nombreux cas. Une Sàrl ou une SA doit toutefois pouvoir être représentée par au moins une personne domiciliée en Suisse. Les autorisations de travailler ou de résider dépendent notamment de la nationalité, du domicile et du statut de frontalier. Elles doivent être vérifiées séparément de la constitution de la société.

Quand une raison individuelle doit-elle s’inscrire au registre du commerce ?

Pour une activité exploitée en forme commerciale, l’inscription devient obligatoire lorsque le chiffre d’affaires annuel dépasse CHF 100’000. Elle reste distincte de la reconnaissance du statut d’indépendant, qui relève de la caisse de compensation AVS.

Quelles obligations faut-il organiser après la création ?

Il faut mettre en place la facturation et la comptabilité, examiner l’assujettissement à la TVA, affilier l’employeur ou l’indépendant aux assurances sociales, assurer les salariés et organiser les salaires. Les échéances fiscales, la trésorerie et la conservation des pièces comptables doivent aussi être planifiées.

Romain Prieur

Romain est le fondateur de la Fiduciaire Karpeo à Genève. Il est expert-comptable diplômé et participe activement à la formation des futurs experts-comptables via son rôle de chargé de cours auprès de EXPERTsuisse. Romain est également le co-fondateur de la plateforme entreprendre.ch qui permet la création d'entreprises en Suisse.