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Capital d’une Sàrl ou d’une SA en Suisse : montant et utilisation
Le capital minimum d’une Sàrl suisse est de 20’000 CHF, entièrement libéré à la création. Pour une SA, le capital-actions est d’au moins 100’000 CHF ; au moins 20 % de chaque action et 50’000 CHF au total doivent être libérés. Cet argent appartient ensuite à la société et peut financer son activité. Pour choisir le bon montant, il faut distinguer le minimum légal, les frais de constitution et les besoins réels de trésorerie.
En bref
Les points à retenir
- Le capital n’est pas un honoraire : il entre dans le patrimoine de la société.
- Une Sàrl de 20’000 CHF exige 20’000 CHF libérés ; une SA de 100’000 CHF peut être libérée à hauteur de 50’000 CHF.
- Le solde non libéré d’une SA reste dû par les actionnaires.
- Après l’inscription et le déblocage bancaire, les fonds servent aux dépenses professionnelles justifiées.
Quel capital minimum faut-il pour une Sàrl ou une SA ?
Les règles ci-dessous concernent une constitution avec un capital exprimé en francs suisses.
| Point à comparer | Sàrl | SA |
|---|---|---|
| Capital inscrit minimum | 20’000 CHF | 100’000 CHF |
| Libération initiale | Intégrale | Au moins 20 % de chaque action et 50’000 CHF au total |
| Titres reçus | Parts sociales | Actions |
| Apports possibles | Espèces ou apports en nature admissibles | Espèces ou apports en nature admissibles |
Exemple illustratif : pour une SA de 100’000 CHF, verser seulement 20’000 CHF ne suffit pas. Le plancher global reste 50’000 CHF. Pour une SA de 400’000 CHF, 50’000 CHF ne suffisent plus : la condition de 20 % impose au moins 80’000 CHF, en respectant aussi la libération de chaque action.
Dans une SA partiellement libérée, la différence ne disparaît pas. Les actionnaires ont souscrit les actions et doivent encore verser le solde selon les modalités applicables. Ce point compte notamment lorsqu’ils revendent leurs titres ou évaluent leur risque financier.
Pour comparer aussi la gouvernance et la transmission, consultez notre article Sàrl ou SA : les différences.
Capital social de la Sàrl : l’essentiel en vidéo
Romain explique le montant du capital, sa libération et les points à anticiper pour une Sàrl.
Avec Romain Prieur · 5 min 20 Voir sur YouTube Découvrir la chaîne
Capital, argent disponible et frais : trois notions différentes
Le capital nominal est le montant inscrit dans les statuts et au registre du commerce. Les liquidités sont l’argent disponible sur les comptes de la société. Les fonds propres comprennent notamment le capital, les réserves et les résultats accumulés.
Ces montants évoluent différemment. Une Sàrl fondée avec 20’000 CHF peut acheter un ordinateur pour 2’000 CHF : elle possède alors moins d’argent en banque, mais aussi un équipement. Son capital nominal reste 20’000 CHF. Si elle supporte ensuite des charges sans recettes, les pertes réduisent ses fonds propres.
Les honoraires de constitution, les frais bancaires et les émoluments du registre du commerce constituent un autre budget. Ils ne remplacent aucunement le capital à apporter. Selon leur calendrier et leur prise en charge documentée, certaines dépenses de fondation peuvent être supportées par la société après son inscription.
Évitez donc le calcul « j’ai exactement 20’000 CHF, je peux tout consacrer au capital ». Il faut aussi payer ce qui arrive avant le déblocage et conserver les moyens de vivre pendant le lancement.
Comment verser le capital de départ ?
Pour une constitution en espèces, les fondateurs ouvrent un compte de consignation au nom de la société en formation. Après réception des fonds, la banque délivre l’attestation destinée au dossier de constitution. L’acte authentique et l’inscription au registre du commerce suivent.
Le dossier doit rester cohérent : même raison sociale, même siège, même capital et bonne répartition entre les fondateurs. Une modification tardive peut nécessiter de refaire des documents.
Un apport en nature permet d’apporter certains biens en échange de parts ou d’actions. Il exige notamment un contrat, un rapport de fondation et une attestation d’un réviseur agréé. Un véhicule ou du matériel doit répondre aux conditions légales et avoir une valeur justifiable. Une promesse de travail futur ne remplace pas le capital.
Un apport mixte peut associer matériel et argent. Son intérêt se mesure après estimation des frais supplémentaires et de la trésorerie qui restera disponible.
Peut-on utiliser le capital après la création ?
Oui, pour les besoins de la société. La banque débloque les fonds après l’inscription au registre du commerce, sur la base des justificatifs qu’elle demande. Ils sont transférés vers le compte professionnel.
La société peut notamment financer du matériel, des logiciels, son loyer, des stocks ou des salaires correspondant à une activité réelle. Les dépenses doivent être justifiées et comptabilisées. Le fondateur ne peut pas simplement reprendre les fonds pour ses dépenses privées au motif qu’il les a déposés.
| Opération envisagée | Question à poser |
|---|---|
| Acheter un ordinateur utilisé par l’entreprise | Facture au bon nom et usage professionnel documentés ? |
| Rembourser des frais avancés avant la création | Dépense réelle, justificatif et prise en charge par la société ? |
| Verser un salaire au fondateur | Travail effectif, paie et assurances sociales correctement traités ? |
| Reprendre 15’000 CHF à titre privé | Quelle base juridique et comptable permettrait ce versement ? |
La responsabilité de la société porte sur tout son patrimoine, pas seulement sur le montant nominal du capital. La séparation avec la fortune privée des associés n’efface pas les cautions personnelles, les apports encore dus ou une éventuelle responsabilité des organes.
Peut-on récupérer le capital de sa société ?
Une vidéo pour distinguer l’utilisation professionnelle des fonds et les retraits privés.
Avec Romain Prieur · 9 min 07 Voir sur YouTube Découvrir la chaîne
Quel montant choisir au-delà du minimum légal ?
Commencez par votre besoin de financement, puis décidez comment le couvrir. Un capital de 20’000 CHF peut convenir à une activité de conseil légère et être insuffisant pour un commerce avec stock, garantie de loyer et salariés.
Budget fictif pour le lancement d’un atelier à Genève :
| Besoin initial | Montant |
|---|---|
| Matériel et installation | 18’000 CHF |
| Stock de départ | 8’000 CHF |
| Frais et dépôts de garantie | 6’000 CHF |
| Réserve pour les premiers mois | 13’000 CHF |
| Total à financer | 45’000 CHF |
Avec 20’000 CHF de capital en espèces, il reste 25’000 CHF à financer. Ce complément peut prendre différentes formes : apport supplémentaire, prêt d’associé documenté ou financement bancaire accepté. Un prêt d’associé est une dette de la société ; il n’augmente pas son capital nominal et n’apporte pas la même protection financière que des fonds propres.
Testez aussi un démarrage plus lent : que se passe-t-il si les premières factures sont encaissées deux mois plus tard ? Ce scénario est souvent plus instructif que le seul seuil légal. Votre business plan doit montrer ces décalages.
Le capital a-t-il un effet sur les impôts ?
L’impôt cantonal et communal sur le capital se rapporte au capital propre imposable, selon les règles applicables. Il ne se calcule donc pas simplement sur le montant déposé le jour de la création. Réserves, résultats et corrections fiscales peuvent modifier cette base. La Confédération ne prélève pas d’impôt fédéral direct sur le capital.
À Genève, depuis la période fiscale 2024, l’impôt cantonal et communal sur le bénéfice est imputable sur l’impôt sur le capital, dans la limite de ce dernier. Un impôt sur le capital résiduel peut donc subsister lorsque l’impôt sur le bénéfice est insuffisant. Le choix du capital statutaire doit être apprécié avec l’ensemble des fonds propres et des besoins de financement de l’entreprise.
Un droit de timbre d’émission peut également intervenir lors de la constitution ou d’une augmentation de capital. Son taux est de 1 % sur les apports soumis au droit, avec une franchise d’un million de francs pour les émissions de droits de participation à titre onéreux qui remplissent les conditions légales. L’agio peut entrer dans l’assiette : il ne permet pas d’éviter automatiquement le droit. Pour des apports soumis de 2 millions de francs lors d’une constitution, le droit s’élève en principe à 10’000 CHF après la franchise. Celle-ci et les éventuelles exonérations doivent être examinées à l’échelle des opérations de la société.
Pour un projet avec plusieurs associés, un financement important ou un apport d’activité existante, il faut également examiner les conséquences fiscales des apports et des prêts. Le montant des fonds propres ne se choisit pas uniquement pour réduire une ligne d’impôt : la capacité de payer les charges et d’absorber les premières pertes reste centrale.
Une augmentation ou une réduction ultérieure du capital exige une procédure formelle. Un simple virement sur le compte de la société ne modifie pas le capital inscrit.
La checklist avant de fixer votre capital
Avant de transmettre vos instructions de constitution, vérifiez ces six points :
- Le capital inscrit et la somme à libérer respectent les règles de la forme juridique choisie.
- Chaque fondateur connaît son apport, sa participation et son éventuel solde à verser.
- Le budget distingue capital, frais de fondation et besoins personnels.
- Le plan de trésorerie couvre le délai de déblocage et les encaissements tardifs.
- Les prêts d’associés et apports en nature sont identifiés et documentés.
- Les décisions sont cohérentes avec les statuts et les accords entre associés.
Pour reprendre l’ensemble du parcours, notre guide de création d’une Sàrl détaille les démarches du projet à l’inscription.
Le but social aide à décrire les activités dont vous devez financer le lancement.
Questions fréquentes
Les 20’000 CHF d’une Sàrl restent-ils bloqués après sa création ?
Non. Le blocage concerne la phase de constitution. Après l’inscription au registre du commerce et la remise des pièces demandées par la banque, les fonds sont disponibles pour la société. Elle peut les utiliser pour son activité. Ils ne deviennent pas pour autant une somme que les associés peuvent retirer librement à titre privé.
Peut-on créer une SA avec 50’000 CHF ?
Oui, une SA avec un capital-actions de 100’000 CHF peut être constituée avec 50’000 CHF libérés, sous réserve de libérer au moins 20 % de chaque action. Le capital inscrit demeure 100’000 CHF. Les actionnaires restent tenus de verser le solde non libéré. Il faut prévoir les frais de constitution et les besoins de fonctionnement en plus.
Le capital suffit-il à payer les dettes en cas de faillite ?
Ce n’est pas une garantie de remboursement des créanciers. La société répond avec tout son patrimoine disponible, qui peut valoir plus ou moins que son capital nominal. Les pertes peuvent avoir consommé une partie des ressources. La responsabilité personnelle des associés doit être distinguée de celle des gérants ou administrateurs et des garanties éventuellement signées.
Faut-il mettre davantage de capital ou faire un prêt à sa société ?
Ces solutions n’ont pas le même effet. Un apport au capital renforce les fonds propres et peut modifier la répartition des participations. Un prêt crée une dette avec des conditions de remboursement et, éventuellement, des intérêts. Le choix dépend du besoin durable de financement, du risque, des associés et des conséquences fiscales. Les documents doivent refléter la solution retenue.
Sources et références
Informations vérifiées le 14 septembre 2026. Les sources suivantes permettent d’approfondir les règles présentées.
Passez du budget au dossier de constitution
Karpeo vous accompagne dans la création de votre Sàrl ou de votre SA, avec des apports et des documents cohérents dès le départ.
