Tout sur les salaires en Suisse – SMIC, salaire moyen et médiant en 2024

Lorsque l’on parle de salaire en Suisse, les superlatifs ne manquent pas. Il est courant d’entendre parler de salaires pharaoniques et d’un niveau de vie très élevé.

Mais qu’en est-il réellement ? Que signifie percevoir un salaire en Suisse ? Et comment s’y retrouver parmi les spécificités de ce pays unique, notamment en matière de salaire minimum, de charges sociales, d’imposition, de fiche de salaire, et des fameuses Conventions Collectives de Travail ?

For an English version of this article, please refer to the following article : Average Wage and Minimum salaries in Switzerland in 2024 

Salaire

Dans cet article, nous allons décrypter les complexités et les nuances de la rémunération en Suisse, afin de vous donner une compréhension claire et détaillée de ce que signifie vraiment travailler et être payé en Suisse.

Salaires moyen suisse et SMIC en 2024

Salaire moyen suisse et salaire médian

Selon les données de 2020, le salaire mensuel brut médian pour l’économie totale était de 6’665 francs suisses (soit environ 6’300 euros à l’époque).

Il est encore malheureux de noter qu’il existe une disparité entre les sexes, les femmes gagnant en moyenne 6’211.- CHF, tandis que les hommes gagnent en moyenne 6’963.- CHF.

En termes d’évolution des salaires, les salaires nominaux ont augmenté de 0.9 % en 2022, tandis que les salaires réels ont diminué de 1.9 %. Cela suggère une inflation accrue, ce qui a eu un impact sur le pouvoir d’achat des travailleurs.

Le SMIC suisse en 2024 (brut et net)

Le SMIC en Suisse est définit au niveau cantonal. En 2024, le SMIC est de 4’426 CHF brut par mois à Genève soit environ 3’750 CHF net. Ce SMIC en euros équivaut à environ 4’450 euros brut ou 3’800 euro net, ce qui en fait de ce SMIC suisse l’un des plus élevés du monde.

Il existe d’autres SMIC dont les montants varient selon les cantons, par exemple : 3’822 dans le canton de Bâle-Ville ou encore 3’780 CHF à Neuchâtel.

En effet, contrairement à la plupart des pays européens, il n’existe pas de salaire minimum (SMIC) en Suisse au niveau national.

Ces différences s’expliquent par le système fédéraliste helvétique, où chaque canton dispose d’une large autonomie en matière de politique sociale et économique. En lieu et place d’un salaire minimum légal, la Suisse repose sur les négociations salariales entre employeurs et employés, ainsi que sur les Conventions Collectives de Travail (CCT) qui fixent des salaires minimaux dans certaines branches.

Tableau résumé : salaire moyen et salaire minimum en Suisse

Catégorie Montant en CHF Montant en Euros (approx.)
Salaire mensuel brut médian (2020) 6’665 CHF 6’300 Euros
SMIC à Genève (2024, Brut) 4’426 CHF 4’450 Euros
SMIC à Genève (2024, Net) 3’750 CHF 3’800 Euros

Le salaire minimum cantonal : une initiative locale

Toutefois, certains cantons ont choisi d’instaurer leur propre salaire minimum, un concept novateur en Suisse. Parmi eux, Neuchâtel, Jura, Tessin, et Genève ont mis en place un SMIC cantonal, en réponse aux besoins spécifiques de leur population.

Le salaire minimum à Genève est l’un des plus élevés au monde, atteignant 23 francs suisses de l’heure en 2023. Ces salaires minimums, bien que variables d’un canton à l’autre, sont généralement plus élevés que les SMIC observés dans d’autres pays européens.

L’instauration de ces SMIC cantonaux illustre le dynamisme et l’adaptabilité du modèle suisse, capable de répondre à des besoins locaux tout en maintenant un cadre national flexible.

Les charges sociales en Suisse

La Suisse est également connue pour des charges sociales sur les salaires relativement faibles par rapport à ses voisins.

AVS, AI, APG : le 1er pilier de la prévoyance suisse

L’Assurance Vieillesse et Survivants (AVS), l’Assurance Invalidité (AI) et l’Assurance Perte de Gain (APG) forment le 1er pilier de la prévoyance en Suisse.

Ces cotisations obligatoires garantissent un revenu aux personnes qui ne peuvent plus travailler à cause de leur âge, d’une invalidité, lors d’un service militaire ou civil ou d’un congé maternité.

Assurance Chômage (AC) : un filet de sécurité pour les travailleurs

L’Assurance Chômage (AC) est une autre cotisation sociale cruciale. Elle offre un soutien financier aux travailleurs qui perdent leur emploi involontairement, en compensant une partie de leur salaire perdu.

Assurance Accident : une protection essentielle au travail

Tous les employés en Suisse sont automatiquement couverts par l’Assurance Accident, qui est payée par l’employeur. Elle couvre les frais médicaux et les indemnités en cas d’accident professionnel ou non professionnel.

Prévoyance professionnelle : le 2ème pilier du système de retraite suisse

La Prévoyance Professionnelle, également appelée LPP ou deuxième pilier est un système de retraite complémentaire obligatoire pour tous les travailleurs gagnant plus de 22’050 francs par an (seuil en 2023). Il permet aux employés de maintenir leur niveau de vie à la retraite.

Prévoyance privée : le 3ème pilier

Bien que le 3ème pilier ne soit pas une charge sociale prélevée sur les salaires, il est important d’en mentionner l’existence. Il s’agit d’une somme qui sera accumulée tout au long de la vie active d’une personne.

Le 3ème pilier représente une option d’épargne avantageuse pour la retraite, permettant des dépôts annuels limités dans une banque ou une assurance et offrant un intérêt supérieur à celui d’un compte épargne. Attention, le retrait du 3ème pilier est réglementé et soumis à une imposition unique basée sur les revenus au moment du retrait.

L’imposition des salaires en Suisse

Comprendre le système d’imposition suisse

Le système d’imposition suisse est complexe et décentralisé, avec trois niveaux de taxation : fédéral, cantonal et communal.

Les salariés travaillant en Suisse vont être taxé à l’impôt sur le revenu sur leurs salaires. L’impôt sur le revenu est progressif, ce qui signifie que le taux d’imposition augmente avec le niveau de revenu. En fin d’année, l’employeur transmet aux salariés un certificat de salaire qui résume l’ensemble des revenus salariaux de l’année, ainsi que des cotisations et prélèvements sociaux. C’est ce document qui va servir de base pour la déclaration d’impôts annuelle de l’employé.

L’impôt à la source : un système pratique pour les travailleurs étrangers

Pour les travailleurs étrangers et les résidents non permanents, l’impôt sur le revenu est généralement prélevé à la source. Cela signifie que l’impôt est déduit directement du salaire par l’employeur, simplifiant ainsi le processus d’imposition pour ces personnes.

Des différences d’imposition notables entre les cantons

Il est important de noter que le taux d’imposition varie considérablement d’un canton à l’autre en Suisse. Par exemple, les cantons de Zurich et de Genève ont généralement des taux d’imposition plus élevés que ceux de Schwyz ou de Zoug. Ces différences sont dues à la nature fédérale du système suisse, où chaque canton a la liberté de fixer ses propres taux d’imposition.

Comprendre la fiche de salaire en Suisse

Une structure claire et simple

Contrairement à d’autres pays où la fiche de salaire peut sembler complexe, en Suisse, la fiche de salaire est généralement simple et facile à comprendre. Elle se compose principalement de deux parties : les gains et les déductions.

Les gains : entre salaire brut et allocations

Dans la partie gains, on retrouve le salaire brut qui est le montant total versé par l’employeur avant toute déduction. Cette section peut également inclure différentes allocations et indemnités, telles que l’indemnité de repas, de transport, de logement ou les allocations de paternité et maternité.

Les déductions : une liste détaillée

La deuxième partie de la fiche de salaire liste toutes les déductions effectuées sur le salaire brut. Cela inclut les cotisations de sécurité sociale (AVS, AI, APG, AC, prévoyance professionnelle, assurance-accidents), l’impôt à la source si applicable, et éventuellement la cotisation à l’assurance maladie.

Du salaire brut au salaire net

En soustrayant les déductions du salaire brut, on obtient le salaire net, c’est-à-dire le montant qui sera réellement versé au salarié. Cette simplicité de structure rend la fiche de salaire suisse particulièrement lisible et facile à comprendre, même pour ceux qui ne sont pas familiers avec les spécificités du système suisse.

Les Conventions Collectives de Travail (CCT) en Suisse

Comprendre les CCT

Les Conventions Collectives de Travail (CCT) jouent un rôle primordial dans le paysage du travail suisse. Ce sont des contrats conclus entre les syndicats et les associations patronales qui définissent les conditions et le temps de travail ainsi que les rémunérations pour certains secteurs d’activité.

Les CCT couvrent une variété de domaines, allant de l’hôtellerie-restauration à la construction, en passant par le secteur de la santé ou encore l’industrie pharmaceutique.

L’influence des CCT sur les salaires et les conditions de travail

Les CCT ont un impact significatif sur les salaires et les conditions de travail en Suisse. En l’absence de SMIC national, elles sont souvent le mécanisme par lequel les salaires minimums sont fixés dans de nombreux secteurs.

Les CCT peuvent également définir d’autres aspects du travail, tels que les heures de travail, les vacances, les prestations de santé, le versement du salaire en cas de maladie (échelle bernoise) et d’autres avantages pour les employés.

Les CCT : un rouage essentiel du système suisse

Dans le contexte suisse, les CCT sont un outil crucial pour garantir des salaires et des conditions de travail équitables. En l’absence d’un SMIC national, elles offrent une garantie importante que les salaires dans de nombreux secteurs restent compétitifs et justes. Les CCT proposent en général des contrats de travail suisses types qui sont identiques pour tous les employés d’un même secteur.

Des exemples de CCT dans divers secteurs

Pour illustrer, prenons l’exemple de la CCT de l’industrie horlogère qui définit non seulement un salaire minimum pour les ouvriers, mais également des dispositions concernant la formation continue, les heures supplémentaires et les indemnités de licenciement.

Dans le secteur de la santé, la CCT peut inclure des stipulations sur les heures de travail maximum, les pauses obligatoires, ou encore les conditions de travail de nuit. Ces exemples mettent en lumière l’importance des CCT dans la détermination des conditions de travail en Suisse.

En savoir plus : Le certificat de travail intermédiaire en Suisse

Permis et autorisation de travail en Suisse

Les permis de travail en Suisse

Pour travailler en Suisse, en fonction de votre nationalité et de la durée de votre emploi, un permis de travail est nécessaire.

Pour les ressortissants de l’UE et de l’AELE, la libre circulation des personnes facilite grandement l’accès au marché du travail suisse. Cependant, pour les travailleurs hors UE/AELE, le processus peut être plus complexe et dépend de divers facteurs, notamment du type de travail et de la durée du contrat.

Les travailleurs frontaliers en Suisse

La situation des travailleurs frontaliers est une question d’une grande importance en Suisse. Ces travailleurs résident dans un pays limitrophe (comme la France, l’Italie ou l’Allemagne) mais traversent quotidiennement la frontière pour travailler en Suisse.

Cela leur permet de bénéficier de salaires suisses plus élevés tout en profitant d’un coût de la vie généralement plus bas dans leur pays de résidence. Cependant, ils doivent également gérer des questions complexes comme l’imposition et le statut de quasi-résident, l’assurance maladie et la fluctuation des taux de change.

Si vous cherchez un emploi en Suisse, vous pouvez consulter nos articles sur faire un CV adapté à la Suisse et sur la lettre de motivation.

Conclusion

Naviguer à travers le système salarial suisse peut sembler complexe, mais une fois que vous avez compris les éléments de base, vous réalisez qu’il est assez logique et transparent.

Les charges sociales, l’imposition, la compréhension de la fiche de salaire, les conventions collectives de travail et les règles entourant les permis de travail sont tous des éléments importants pour comprendre pleinement ce qu’implique le travail en Suisse.

Une chose est sûre : malgré les défis, la Suisse offre des opportunités économiques et professionnelles considérables et reste une destination privilégiée pour de nombreux travailleurs du monde entier.

N’hésitez pas à contacter les experts-comptables de notre fiduciaire suisse pour plus d’informations.

Tags:
Romain Prieur

Romain est le fondateur de la Fiduciaire Karpeo à Genève. Il est expert-comptable diplômé et participe activement à la formation des futurs experts-comptables via sont rôle de chargé de cours auprès de EXPERTsuisse. Romain est également le co-fondateur de la plateforme entreprendre.ch qui permet la création d'entreprises en Suisse.