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Comment financer son entreprise en Suisse : PME et start-up
Pour financer une entreprise en Suisse, il faut d’abord chiffrer ses investissements et les mois de trésorerie à couvrir. Une PME qui encaisse régulièrement, une activité qui démarre et une start-up encore sans revenus ne peuvent pas supporter les mêmes engagements. Ce guide vous aide à comparer les solutions, préparer un dossier convaincant, trouver des investisseurs et organiser une campagne de crowdfunding, du budget initial à la livraison des contreparties.
Les points à retenir
- Calculez les besoins jusqu’au moment où les encaissements couvrent durablement les dépenses.
- Choisissez entre dette, capital et recettes commerciales selon les flux et les risques du projet.
- Un dossier investisseur doit relier preuves, équipe, montant recherché et prochaine étape.
- Une collecte de crowdfunding doit couvrir les frais, les contreparties et les obligations après la campagne.
Combien faut-il réellement financer ?
Commencez par le projet opérationnel, puis traduisez-le en sorties d’argent. Le budget doit comprendre les achats de départ, les coûts de constitution, le stock, les dépenses commerciales et la période pendant laquelle les clients ne paient pas encore suffisamment.
Construisez un plan mensuel, car un résultat annuel positif peut masquer plusieurs mois de trésorerie négative. Faites apparaître la TVA et les charges sociales dans les paiements prévus, selon leur calendrier réel. Ajoutez votre rémunération ou vos besoins privés : un lancement financé uniquement en oubliant le revenu du fondateur n’est pas équilibré.
| Besoin | Question à chiffrer |
|---|---|
| Investissements | Quel matériel faut-il payer et à quelle date ? |
| Stock et travaux en cours | Combien d’argent sera immobilisé avant la vente ? |
| Décalage clients-fournisseurs | Quand les clients paieront-ils réellement ? |
| Pertes de lancement | Quels mois ne couvriront pas encore les frais fixes ? |
| Réserve | Quelle marge reste-t-il si les ventes prennent du retard ? |
Ce calcul s’intègre au business plan. Le montant du capital social est une composante du financement, pas une estimation automatique du budget nécessaire.
Pour une entreprise de services à Genève, ce travail revient notamment à placer les salaires, le loyer et les charges à leurs dates de paiement, puis à estimer quand les clients régleront leurs factures. Le chiffre d’affaires prévu ne suffit pas à déterminer le financement nécessaire.
Comparer les principales solutions de financement
Il faut distinguer la provenance de l’argent de sa nature comptable. Un nouvel investisseur apporte des ressources externes qui peuvent devenir des fonds propres. À l’inverse, un associé peut prêter à sa propre société : il s’agit alors d’une dette, selon les conditions convenues.
| Solution | Utilité habituelle | Contrepartie principale |
|---|---|---|
| Apport au capital | Absorber le risque de lancement | Argent exposé aux pertes et droits attachés aux titres |
| Prêt bancaire ou privé | Financer un besoin remboursable | Intérêts, échéances et garanties éventuelles |
| Investisseur au capital | Financer une croissance risquée | Dilution et partage des décisions |
| Leasing | Utiliser un équipement | Loyers et engagements contractuels |
| Acomptes clients | Financer la réalisation de commandes | Obligation de livrer ou d’exécuter le contrat |
| Cautionnement | Faciliter l’obtention d’un crédit | Dette maintenue et conditions du garant |
Associez la durée du financement à celle du besoin. Une machine utilisée plusieurs années se finance différemment d’un décalage de paiement de quelques semaines. Évitez de couvrir un déficit structurel avec une facilité de caisse à court terme sans plan de redressement.
PME ou start-up : deux logiques différentes
Une PME disposant de revenus réguliers peut comparer la charge d’un crédit aux liquidités qu’elle génère. Une start-up qui développe encore son produit doit financer davantage d’incertitude : un apport au capital peut être plus adapté que des remboursements immédiats. Une petite activité de services peut aussi démarrer progressivement, avec des dépenses limitées et des acomptes clients.
Fonds propres, autofinancement et prêts des proches
L’apport personnel peut vous permettre de démarrer progressivement et de conserver la maîtrise de votre projet. Fixez toutefois une limite d’engagement et préservez les ressources nécessaires à votre vie privée. Le risque économique ne disparaît pas parce que vous investissez vos propres économies.
Si des proches vous financent, précisez par écrit s’il s’agit d’un prêt ou d’une prise de participation. Indiquez qui apporte l’argent, à quelle entité, à quelles conditions et ce qui se passe en cas de difficultés. Une promesse informelle crée souvent des attentes différentes.
Les bénéfices conservés renforcent les fonds propres. Mais un bénéfice comptable ne représente pas forcément de l’argent disponible : une facture client non encaissée augmente le résultat sans remplir le compte bancaire. Vérifiez les liquidités avant de financer un nouvel investissement.
Un prêt d’associé reste en principe une dette, même si le prêteur est aussi propriétaire de la société. Documentez le montant, les intérêts éventuels, les échéances et les conditions de remboursement.
Une raison individuelle ne peut pas émettre des actions. Pour accueillir des investisseurs au capital, examinez la structure adaptée avec notre comparatif Sàrl ou SA.
Crédit bancaire et cautionnement : présenter un dossier remboursable
Pour un crédit, la banque cherche notamment à comprendre comment l’entreprise paiera les intérêts et remboursera le capital. Votre dossier doit donc montrer la capacité de remboursement, les risques et les moyens engagés par les fondateurs.
Réunissez un résumé du projet, les comptes disponibles, les prévisions, les commandes ou contrats déjà obtenus, le besoin exact et la liste des dettes existantes. Une société récente peut présenter des hypothèses documentées, mais elle doit distinguer les contrats signés des simples perspectives.
Si les garanties constituent un obstacle, un organisme de cautionnement peut examiner le projet. Le dispositif soutenu par la Confédération permet des cautionnements de crédits jusqu’à 1 million de francs, sous conditions. En Suisse romande, Cautionnement romand fait partie des organismes concernés.
Le cautionnement ne vaut ni subvention ni acceptation automatique de la banque. L’entreprise reste tenue de rembourser. Comparez les commissions, sûretés et engagements demandés avant de signer. Toute garantie personnelle doit être comprise séparément : la création d’une Sàrl ou d’une SA ne neutralise pas un engagement personnel pris auprès d’un prêteur.
Leasing et acomptes clients : financer un besoin précis
Le leasing permet d’utiliser un véhicule ou un équipement en échelonnant les paiements. Comparez le coût total, l’apport initial, les assurances, les conditions de résiliation et la valeur résiduelle. La propriété en fin de contrat dépend des conditions prévues ; elle ne se transfère pas automatiquement. Les loyers ne doivent pas être confondus avec les amortissements comptables du bien.
Les acomptes clients peuvent réduire le décalage entre vos dépenses et le règlement final. Ils créent toutefois une obligation de réaliser la prestation ou de livrer. N’utilisez pas toute cette trésorerie pour un autre projet si elle doit encore financer la commande.
Ces solutions couvrent des besoins précis. Elles ne corrigent pas, à elles seules, une activité dont les ventes restent durablement inférieures aux coûts.
Quelles aides au financement rechercher en Suisse ?
Il n’existe pas une aide universelle qui paie la création de toutes les entreprises suisses. Les dispositifs publics ont des objectifs et des critères propres. Recherchez ceux qui correspondent à votre activité, au stade de développement et au lieu du projet.
Innosuisse soutient notamment certains projets d’innovation fondés sur la science portés par des start-up avant leur première entrée sur le marché. Ce soutien finance un projet répondant aux conditions du programme ; il ne faut pas l’assimiler à une réserve librement utilisable pour toutes les dépenses de l’entreprise. Vérifiez l’éligibilité et le calendrier avant d’engager les coûts concernés.
Construisez votre budget avec un financement sécurisé et un scénario sans aide. Une demande en cours, même bien préparée, ne constitue pas encore une ressource disponible sur le compte bancaire.
Comment trouver des investisseurs et répondre à leurs critères ?
Quel type d’investisseur correspond à votre entreprise ?
Tous les projets ne relèvent pas du capital-risque. Une entreprise locale rentable peut chercher un associé stable, tandis qu’une start-up technologique vise parfois une croissance rapide sur plusieurs marchés. Définissez le type de relation souhaité avant de préparer une liste de contacts.
| Profil | Ce qu’il peut apporter | Question à lui poser |
|---|---|---|
| Business angel | Capital personnel, expérience et contacts | Quel temps consacrez-vous aux entreprises accompagnées ? |
| Fonds de capital-risque | Financement de croissance et accompagnement structuré | Votre fonds investit-il à notre stade et dans notre secteur ? |
| Investisseur industriel | Accès à un marché, distribution ou technologie | Quelles exclusivités ou priorités commerciales demandez-vous ? |
| Associé entrepreneur | Implication durable et compétences complémentaires | Quel rôle opérationnel et quelle rémunération envisagez-vous ? |
Les business angels investissent leur propre argent et peuvent apporter leur expérience, tout en recherchant un rendement. Un prêt bancaire répond à une autre logique. Si vous hésitez entre endettement et ouverture du capital, consultez d’abord le comparatif des financements.
Où chercher et comment constituer votre sélection ?
Mobilisez d’abord les interlocuteurs capables de comprendre votre projet : entrepreneurs du secteur, programmes d’accompagnement, incubateurs, réseaux d’anciens élèves et partenaires professionnels. Les réseaux de business angels et les équipes de fonds publient généralement leurs critères d’investissement. Consultez leurs opérations et leur positionnement avant de les contacter.
Créez un tableau de prospection comportant le nom de l’investisseur, le secteur, le stade, le montant recherché compatible, le contact et la prochaine action. Ajoutez une colonne sur les éventuels conflits avec son portefeuille. Une liste courte et qualifiée vaut mieux qu’un envoi indistinct.
Votre premier message doit répondre à quatre questions : quel problème résolvez-vous, quelle preuve avez-vous obtenue, combien cherchez-vous et pourquoi cet investisseur est-il pertinent ? Joignez une présentation concise. Ne transmettez pas immédiatement toutes les données clients ou tous les détails techniques.
Gardez un suivi régulier des échanges : introduction obtenue, rendez-vous, demande de documents, réponse et décision. Cette discipline permet de progresser sans interrompre complètement le développement commercial de l’entreprise.
Les critères de sélection et les pièces du dossier
Un investisseur doit pouvoir distinguer les faits des ambitions. Présentez les clients réellement acquis, les revenus facturés et encaissés, les marges observées et les contrats signés. Si le produit n’est pas encore commercialisé, montrez les tests réalisés et ce qu’ils ont permis d’apprendre.
Les hypothèses doivent rester explicables. Au lieu de viser une petite part d’un marché immense, estimez le nombre de clients que votre équipe peut approcher, le taux de transformation retenu et le prix accepté. Votre étude de marché sert à soutenir ces choix.
Présentez aussi les compétences de l’équipe, sa disponibilité et les fonctions encore manquantes. Un risque clairement identifié avec une action prévue inspire davantage confiance qu’un dossier sans difficulté apparente.
Pour préparer les discussions, réunissez :
- Une présentation synthétique et un business plan.
- Un budget mensuel et l’utilisation détaillée des fonds.
- La répartition actuelle du capital et les engagements déjà consentis.
- Les comptes disponibles et les principaux contrats.
- Les titres de propriété intellectuelle et les droits acquis auprès des prestataires.
- Les hypothèses commerciales, avec leurs justificatifs.
Les cinq questions auxquelles votre dossier doit répondre
| Critère | Preuve attendue |
|---|---|
| Marché et croissance | Clients identifiés, besoin vérifié, potentiel accessible |
| Équipe | Compétences, disponibilité, responsabilités et recrutements nécessaires |
| Modèle économique | Prix, marges, coût d’acquisition et possibilité de reproduire les ventes |
| Viabilité financière | Budget, trésorerie, hypothèses et scénario défavorable |
| Rendement et sortie | Création de valeur envisagée et possibilités de liquidité, sans rendement garanti |
Négocier la levée de fonds : montant, dilution et conditions
Reliez le montant demandé à une prochaine étape
La levée doit financer un objectif concret : obtenir une autorisation, terminer un produit, démontrer une acquisition de clients reproductible ou atteindre un niveau d’activité. Chiffrez les ressources nécessaires et la durée pendant laquelle elles couvrent les besoins.
Exemple illustratif : une société recherche 300’000 CHF pour finaliser son produit et financer sa commercialisation. Elle dispose de 60’000 CHF et prévoit une consommation nette moyenne de 20’000 CHF par mois. Sans apport nouveau, son autonomie théorique est de trois mois. Ce repère doit être affiné avec les dépenses ponctuelles et les encaissements réels.
Si les discussions prennent du retard, indiquez les mesures disponibles : dépenses différables, lancement plus progressif ou financement transitoire. Ne construisez pas un budget supposant que l’argent sera versé dès le premier entretien.
Préparez également la suite. Quel résultat devra être atteint avant une prochaine levée ou avant l’autofinancement ? Une demande financière devient plus lisible lorsqu’elle relie un montant, un calendrier et un résultat mesurable.
Valorisation, dilution et droits : regarder l’ensemble
La valorisation « pre-money » correspond à la valeur négociée avant l’apport nouveau. La valeur « post-money » additionne cette valorisation et les fonds apportés, dans une opération simple.
Exemple illustratif : 250’000 CHF investis sur une valorisation pre-money de 1’000’000 CHF donnent une valeur post-money de 1’250’000 CHF. L’investisseur reçoit 20 % du capital après l’opération, avant prise en compte d’autres instruments ou d’un éventuel plan de participation.
Ce pourcentage ne résume pas l’accord. Examinez les décisions soumises à consentement, la représentation au conseil, les informations à transmettre, les droits de sortie et la répartition du produit en cas de vente. Demandez des simulations de scénarios, particulièrement si plusieurs catégories de titres ou prêts convertibles existent.
Les modalités doivent être cohérentes avec les statuts et la convention d’actionnaires. Une lettre d’intention peut contenir des clauses engageantes, même si l’investissement définitif reste conditionnel. Faites examiner le document avant de signer une exclusivité ou d’accepter des engagements personnels.
Vérifiez aussi votre futur partenaire
La diligence doit fonctionner dans les deux sens. Demandez comment l’investisseur accompagne les entreprises lorsque les objectifs ne sont pas atteints. Échangez, avec leur accord, avec des fondateurs de son portefeuille. Clarifiez la personne qui décide, le calendrier du comité d’investissement et les conditions restant à remplir.
Organisez ensuite les documents dans un espace d’accès maîtrisé. Commencez par les informations nécessaires à l’évaluation ; ouvrez progressivement les pièces sensibles. Un accord de confidentialité peut encadrer les échanges appropriés, sans remplacer cette sélection.
Avant la clôture de l’opération, vérifiez les autorisations sociales, les contrats signés et le mécanisme de versement. Une augmentation de capital nécessite les formalités correspondant à la société. Une acquisition de titres existants rémunère le vendeur ; elle ne finance pas automatiquement la trésorerie de l’entreprise.
Après l’opération, mettez en place un reporting simple : trésorerie, revenus, coûts, avancement et décisions attendues. Il permet aux nouveaux associés de comprendre les écarts et d’apporter une aide utile.
Crowdfunding en Suisse : choisir le bon modèle
Quel modèle de crowdfunding choisir ?
Le mot crowdfunding décrit la manière de collecter les fonds, pas leur nature juridique. La première décision consiste à préciser ce que reçoit le contributeur.
| Modèle | Ce que reçoit le contributeur | Conséquence à anticiper |
|---|---|---|
| Don, ou crowddonating | Pas de contrepartie attendue | Usage annoncé des fonds et traitement des dons |
| Contrepartie, ou crowdsupporting | Produit, service ou autre récompense | Coût et capacité de livraison |
| Prêt, ou crowdlending | Remboursement et rémunération convenue | Échéances, solvabilité et cadre réglementaire |
| Investissement, ou crowdinvesting | Participation ou droits économiques | Gouvernance, dilution et documentation |
Pour une jeune marque, la prévente peut tester l’intérêt commercial. Pour un projet associatif, le don peut être plus adapté. Une PME cherchant un crédit doit, elle, démontrer sa capacité à rembourser. Le choix dépend de votre projet et du contrat effectivement proposé.
Si vous envisagez d’accueillir des investisseurs, approfondissez la question avec la section pour trouver des investisseurs en Suisse. Une campagne publique ne rend pas cette négociation inutile.
Comment créer une campagne de crowdfunding, étape par étape ?
Étape 1 — fixer un objectif qui finance vraiment la réalisation
Le montant affiché par la campagne n’est pas le montant librement disponible. Il faut financer les contreparties, payer les commissions et assumer les engagements annoncés.
Détaillez les postes suivants avant de fixer votre objectif : conception, fabrication, emballage, expédition, frais de plateforme, paiement, communication et service après-vente. Ajoutez une réserve cohérente avec les risques du projet. Identifiez séparément les montants de TVA éventuellement dus.
Exemple illustratif : une campagne réunit 50’000 CHF. Son budget prévoit 4’000 CHF de frais de collecte, 22’000 CHF de fabrication, 6’000 CHF de logistique et 8’000 CHF de communication et de développement. Il reste 10’000 CHF avant les éventuels autres coûts et impôts. Ces montants sont des hypothèses pédagogiques, pas des tarifs de plateforme.
Calculez aussi un scénario où les volumes doublent. Une campagne très réussie peut augmenter les besoins de production avant de permettre la livraison. Vérifiez donc les quantités minimales, les capacités du fournisseur et les acomptes nécessaires. Le business plan permet de relier la campagne au financement global de l’entreprise.
Étape 2 — comparer les plateformes et leurs règles
Sélectionnez une plateforme selon le type de projet, les pays admis, les monnaies, les moyens de paiement et le public qu’elle touche. Examinez surtout le contrat : qui encaisse, quand les fonds sont-ils versés et que se passe-t-il si le projet n’aboutit pas ?
Deux mécanismes se rencontrent souvent : le modèle « tout ou rien », qui conditionne la collecte à l’objectif, et la collecte flexible, qui permet de conserver les fonds selon les règles prévues. Ne supposez jamais qu’un remboursement intervient automatiquement : les conditions exactes comptent.
Demandez également :
- Quels frais s’appliquent en cas de succès, d’échec ou de remboursement ?
- Qui est responsable des litiges et des contestations de paiement ?
- Pouvez-vous exporter les transactions et les coordonnées nécessaires aux livraisons ?
- Quelles vérifications d’identité et d’entreprise sont requises ?
- Qui répond aux contributeurs après la fin de la campagne ?
La présence sur une plateforme connue ne constitue pas une certification de rentabilité ou de conformité du projet. Comparez les fonctionnalités utiles et les responsabilités avant de choisir.
Étape 3 — préparer la campagne avant son lancement
Une campagne commence avant sa mise en ligne. Testez le message auprès du public concerné, validez les coûts avec les fournisseurs et constituez une première communauté intéressée. L’étude de marché aide à distinguer une réaction sympathique d’une réelle intention d’achat.
Préparez une page qui explique le problème, la solution, l’état réel du projet et l’utilisation des fonds. Montrez ce qui existe déjà : prototype, démonstration, équipe ou premiers résultats. Identifiez clairement les images de concept pour ne pas laisser croire qu’un produit final est disponible.
Limitez les contreparties aux options que vous savez gérer. Chaque couleur, taille ou personnalisation multiplie les erreurs possibles. Indiquez les frais d’expédition, les zones desservies et une période de livraison réaliste.
Établissez ensuite un calendrier de communication et désignez une personne responsable des réponses. Préparez aussi les messages à envoyer en cas de retard ou de changement technique. La confiance dépend autant de ces informations que de la présentation initiale.
Étape 4 — vérifier les obligations en Suisse
Une prévente rémunère une livraison future : il faut anticiper les engagements envers les clients et les éventuelles obligations TVA. Un don sans contrepartie attendue relève d’une autre logique. Le simple mot « soutien » ne suffit pas à qualifier les fonds. Séparez chaque catégorie dans votre suivi et conservez le détail des transactions. Notre guide TVA explique le cadre général applicable aux entreprises.
Pour les prêts, investissements ou dispositifs financiers particuliers, vérifiez le cadre réglementaire avant de solliciter le public. La FINMA rappelle que l’analyse ne concerne pas seulement l’exploitant de la plateforme : selon le montage, le responsable du projet peut lui aussi être soumis à des obligations d’autorisation. Le circuit des fonds et les promesses de remboursement sont déterminants.
Si vous collectez les coordonnées des contributeurs, définissez les usages nécessaires : livraison, suivi ou communication. Une participation ne doit pas être traitée comme une autorisation indistincte d’utiliser les données à toute autre fin.
Formalisez les engagements avec les fournisseurs et les partenaires. Pour les préventes, des conditions générales adaptées évitent de laisser des questions essentielles sans réponse.
Étape 5 — après la collecte : livrer et rendre compte
Dès le lancement, suivez les contributions nettes, les annulations, les questions et les dépenses engagées. Comparez les résultats à vos hypothèses. Si certains canaux attirent des visiteurs sans contribution, vérifiez la clarté du projet et des contreparties avant d’augmenter le budget publicitaire.
Après la campagne, rapprochez le relevé de la plateforme du versement bancaire. Les commissions retenues ne doivent pas faire disparaître le détail des opérations. Conservez les justificatifs et préparez un tableau des engagements restant à exécuter.
Informez les contributeurs aux étapes importantes : validation de fabrication, expédition, délai modifié ou problème identifié. Annoncez ce qui est établi et ce qui reste incertain. Un silence prolongé laisse chacun imaginer sa propre explication.
La campagne n’est terminée que lorsque les obligations correspondantes ont été traitées. Mesurez alors le coût complet, les retours clients et les ventes ultérieures. Ces résultats permettront de savoir si le projet peut fonctionner durablement, au-delà d’un événement de financement.
Exemple de plan de financement et prochaines étapes
Exemple illustratif : une entreprise de services doit couvrir 30’000 CHF d’équipement, 15’000 CHF de lancement et un besoin de trésorerie maximal de 35’000 CHF. Son besoin total atteint donc 80’000 CHF. Elle envisage 40’000 CHF d’apports et un crédit de 40’000 CHF.
Le total semble équilibré, mais il faut encore vérifier la date de disponibilité du crédit et les échéances. Si le remboursement commence avant les premiers encaissements réguliers, le besoin réel augmente. Un scénario avec trois mois de retard commercial permet de tester cette fragilité.
Avant d’approcher les financeurs :
- Finalisez le budget mensuel et les hypothèses commerciales.
- Distinguez ressources confirmées, demandes en cours et options.
- Préparez un scénario central et un scénario moins favorable.
- Chiffrez le coût total de chaque financement.
- Comparez les garanties, restrictions et conséquences sur le capital.
- Formalisez les accords et les conditions de versement.
Après l’obtention des fonds, suivez chaque mois l’écart entre prévisions et réalisé. Une comptabilité tenue régulièrement permet de discuter tôt avec les partenaires si la situation change.
Questions fréquentes
Peut-on créer une entreprise en Suisse sans apport personnel ?
Certaines activités peuvent commencer avec peu de ressources, notamment en raison individuelle. Cela ne signifie pas qu’elles n’ont aucun coût. Pour une Sàrl ou une SA, les exigences de capital doivent être respectées. Un financement externe peut compléter les ressources, mais prêteurs et investisseurs examinent le projet. Commencez par déterminer ce qui doit être payé avant les premiers encaissements.
Fonds propres et financement interne désignent-ils la même chose ?
Non. Les fonds propres comprennent notamment le capital apporté et les bénéfices conservés. Ils peuvent provenir d’un nouvel investisseur extérieur à l’entreprise. Le financement interne désigne les ressources générées par l’activité. Cette distinction évite de classer tous les apports de tiers parmi les dettes, ou de considérer chaque versement d’un associé comme du capital.
Le cautionnement dispense-t-il de rembourser un crédit ?
Non. Il apporte une garantie au prêteur selon les conditions du dispositif, mais la dette de l’entreprise demeure. L’organisme examine le dossier et peut prévoir des frais et des engagements. Il faut donc vérifier la capacité de remboursement, même si l’accès au crédit devient plus facile grâce au cautionnement.
Vaut-il mieux emprunter ou accueillir un investisseur ?
Un prêt peut convenir si les flux de trésorerie permettent des remboursements prévisibles. Un investisseur accepte un risque de capital en échange d’une participation et de droits. Pour un projet encore très incertain, des échéances de dette trop lourdes peuvent être inadaptées. Comparez le coût, le risque, la dilution et les objectifs des partenaires, plutôt que le seul montant proposé.
Peut-on trouver un investisseur avec une simple idée ?
C’est possible dans certaines configurations, mais l’incertitude reste élevée. Renforcez le dossier avec des entretiens clients, un prototype, une première équipe ou une preuve technique. Expliquez ce qui est déjà vérifié et ce que l’investissement servira à tester. Un projet sans chiffre d’affaires doit tout de même présenter un besoin de financement et une logique économique crédibles.
Comment éviter une dilution excessive ?
Commencez par chiffrer le besoin réel et les résultats que les fonds permettront d’atteindre. Simulez la répartition du capital après la levée et après les instruments susceptibles d’être convertis. Comparez aussi les droits négociés : une faible dilution peut cacher des contraintes fortes. Un financement progressif peut aider, mais augmente parfois le risque de devoir rechercher de nouveaux fonds trop rapidement.
Une lettre d’intention garantit-elle le financement ?
Non. Elle peut fixer les bases de la négociation tout en subordonnant l’investissement à une vérification du dossier, à des autorisations ou à des documents définitifs. Certaines clauses, comme la confidentialité ou l’exclusivité, peuvent néanmoins engager les parties. Le budget doit distinguer un intérêt exprimé, un accord conditionnel et des fonds effectivement disponibles.
Que se passe-t-il si l’objectif n’est pas atteint ?
Cela dépend du mécanisme et des conditions de la plateforme. Certains modèles ne débloquent les fonds que si l’objectif est atteint ; d’autres autorisent une collecte flexible. Vérifiez le traitement des frais, des paiements déjà effectués et des remboursements. Si le projet ne peut pas être réalisé avec un montant inférieur, le choix d’un seuil minimum est particulièrement important.
Les sommes collectées sont-elles automatiquement exonérées de TVA ?
Non. Le traitement dépend de la nature de l’opération, des contreparties et de la situation de l’entreprise. Une prévente n’est pas identique à un don sans contrepartie attendue. Il faut aussi distinguer les apports au capital et les prêts. Préparez cette qualification avant la campagne pour éviter de considérer toute la collecte comme de la trésorerie disponible.
Sources et références
- SECO — Sources de financement
- SECO — Cautionnement
- Innosuisse — Projets d’innovation pour start-up
- SECO — Business angels
- SECO — Investisseurs potentiels
- Code des obligations — État au 1er janvier 2026
- SECO — Financement participatif
- FINMA — Informations Fintech
- AFC — Principes de la TVA, janvier 2025
- PFPDT — Devoir d’informer
