Fiscalité des entreprises en Suisse : taux d’imposition par canton

Guide · Fiscalité des entreprises en Suisse

Fiscalité des entreprises en Suisse : taux d’imposition par canton

Une Sàrl ou une SA paie l’impôt sur son bénéfice à la Confédération, au canton et à la commune, ainsi qu’un impôt cantonal ou communal sur le capital. Voici comment lire ces prélèvements et comparer les cantons à partir des dernières statistiques fiscales officielles consolidées.

Romain Prieur, expert-comptable diplômé fédéral

Par Romain Prieur, expert-comptable diplômé

10 min de lecture ·

En bref

Fiscalité des entreprises en Suisse : ce qu’il faut retenir

Une Sàrl ou une SA suisse cumule l’impôt fédéral, les impôts cantonaux et communaux sur le bénéfice, ainsi qu’un impôt cantonal ou communal sur le capital. La comparaison doit donc porter sur la charge globale correspondant au siège, au bénéfice et au capital de la société.

  • Le taux fédéral de l’impôt sur le bénéfice est de 8,5 % du bénéfice net imposable.
  • Les cantons et les communes ajoutent leurs propres impôts sur le bénéfice.
  • La Sàrl ou la SA paie aussi un impôt sur le capital, dont les règles varient selon le canton.
  • Un taux cantonal isolé ne suffit pas : la commune, le bénéfice, le capital et les éventuels allégements changent le résultat.
  • Dans le scénario comparable de la statistique fiscale 2025, la charge globale va de 12,01 % à Stans à 20,26 % à Zurich.
  • La taxe professionnelle communale genevoise a été supprimée au 1er janvier 2024.

Les taux comparatifs ci-dessous proviennent de la Statistique fiscale 2025 de l’Administration fédérale des contributions et correspondent à un scénario homogène, pas à une taxation individuelle.

Trois niveaux d’imposition

Comment fonctionne la fiscalité des entreprises suisses ?

La fiscalité des entreprises en Suisse est fédéraliste. Une société de capitaux — notamment une Sàrl ou une SA — est une personne morale distincte de ses associés. Elle déclare donc son propre bénéfice et son propre capital.

Confédération, canton et commune

  • La Confédération prélève l’impôt fédéral direct sur le bénéfice. Son taux légal est identique dans toute la Suisse.
  • Le canton prélève un impôt sur le bénéfice et, selon ses règles, un impôt sur le capital.
  • La commune participe à la charge cantonale et communale, souvent au moyen d’un coefficient ou de centimes additionnels.

Deux entreprises établies dans le même canton peuvent ainsi supporter une charge différente lorsqu’elles dépendent de communes distinctes. La forme juridique compte également : la raison individuelle n’est pas imposée comme une Sàrl ou une SA. Pour replacer ces prélèvements dans l’ensemble du système, consultez aussi notre guide sur les impôts en Suisse pour les particuliers et les entreprises.

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Fiscalité des entreprises en Suisse : où payer moins d’impôts ?

La fiscalité des entreprises en Suisse, en vidéo

Romain Prieur explique comment comparer la fiscalité des sociétés entre les cantons suisses.

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La double imposition économique des bénéfices

Le bénéfice est d’abord imposé auprès de la société. S’il est ensuite distribué, le dividende entre dans le revenu imposable de l’actionnaire. C’est ce que l’on appelle la double imposition économique.

Elle est toutefois atténuée pour les participations qualifiées. Au niveau fédéral, 70 % du dividende est imposable lorsque la participation atteint au moins 10 %. Les cantons doivent, eux, imposer au moins 50 % de ce rendement. La situation exacte dépend du canton et de la détention.

À ne pas confondre. Le salaire rémunère un travail et supporte des cotisations sociales. Le dividende rémunère le capital investi. Une rémunération anormalement basse associée à des dividendes disproportionnés peut conduire l’AVS à requalifier une partie de la distribution en salaire. Notre guide salaire ou dividende détaille ce choix.

Bénéfice et capital

Quels impôts paie une entreprise en Suisse ?

L’impôt sur le bénéfice

L’impôt fédéral direct s’élève à 8,5 % du bénéfice net imposable. À cette part fédérale s’ajoutent les impôts cantonaux et communaux. Leur taux et leur mode de calcul dépendent du siège fiscal de la société.

Les impôts comptabilisés sont eux-mêmes déductibles. C’est pourquoi un taux exprimé sur le bénéfice net imposable ne peut pas être comparé directement avec une charge rapportée au bénéfice avant impôts. La statistique officielle présentée ci-dessous utilise une méthode commune pour rendre les cantons comparables.

Le bénéfice imposable part du résultat commercial, ajusté des éléments fiscalement admis ou refusés. Les frais de personnel, loyers, achats, prestations de tiers et amortissements justifiés sont notamment à documenter correctement.

L’impôt sur le capital

Il n’existe plus d’impôt fédéral sur le capital des personnes morales. Les cantons et les communes taxent en revanche, selon leurs règles, le capital propre de la société : capital-actions ou capital social, réserves et bénéfices reportés. Certains cantons imputent tout ou partie de l’impôt sur le bénéfice sur l’impôt sur le capital.

La charge ne dépend donc pas uniquement du bénéfice. Une société qui dispose de fonds propres importants mais dégage peu de résultat peut tout de même devoir un impôt sur le capital.

À Genève : la taxe professionnelle communale n’existe plus

La taxe professionnelle communale genevoise a été supprimée au 1er janvier 2024. Elle a été remplacée par des centimes additionnels communaux sur l’impôt cantonal sur le bénéfice. Ce changement a porté la charge combinée de référence genevoise d’environ 14 % à 14,7 %.

Bon réflexe : pour un calcul adapté à votre bénéfice, votre capital et votre commune, utilisez le simulateur fiscal de l’Administration fédérale des contributions. Le tableau qui suit sert à comparer, pas à établir une taxation définitive.

Comparaison officielle

Taux d’imposition des entreprises en Suisse par canton

Le tableau reprend la charge globale 2025 publiée par l’Administration fédérale des contributions. Pour garantir une comparaison homogène, l’exemple concerne une SA commerciale, industrielle ou bancaire sans participation, avec 2 millions de francs de capital et de réserves et un rendement de 20 %. Le taux est exprimé en pourcentage du bénéfice net avant déduction des impôts et inclut les impôts fédéral, cantonal, communal et paroissial au chef-lieu.

Canton Chef-lieu Charge globale 2025
Nidwald Stans 12,01 %
Schaffhouse Schaffhouse 12,04 %
Zoug Zoug 12,15 %
Lucerne Lucerne 12,27 %
Uri Altdorf 12,64 %
Appenzell Rhodes-Intérieures Appenzell 12,66 %
Obwald Sarnen 12,74 %
Thurgovie Frauenfeld 13,21 %
Appenzell Rhodes-Extérieures Herisau 13,24 %
Glaris Glaris 13,38 %
Schwytz Schwytz 13,45 %
Bâle-Ville Bâle 13,47 %
Neuchâtel Neuchâtel 13,57 %
Fribourg Fribourg 13,87 %
Vaud Lausanne 14,00 %
Bâle-Campagne Liestal 14,12 %
Saint-Gall Saint-Gall 14,29 %
Genève Genève 14,70 %
Argovie Aarau 15,03 %
Valais Sion 15,18 %
Soleure Soleure 15,29 %
Tessin Bellinzone 16,05 %
Grisons Coire 16,63 %
Jura Delémont 16,75 %
Berne Berne 19,81 %
Zurich Zurich 20,26 %

Source : Statistique fiscale 2025 de l’Administration fédérale des contributions, tableau « Charge globale du rendement net et du capital ». Dernières données consolidées publiées en 2026.

Comment lire ce classement ? Dans ce scénario précis, Stans, Schaffhouse et Zoug affichent les charges les plus basses. Cela ne signifie pas qu’ils seront automatiquement les plus avantageux pour votre entreprise. Le rendement, le capital, la commune, le statut fiscal et les coûts d’exploitation doivent être comparés ensemble.

Genève, Vaud et les autres cantons romands

Lausanne ressort à 14,00 % et Genève à 14,70 % dans le scénario officiel. Neuchâtel est à 13,57 %, Fribourg à 13,87 %, Sion à 15,18 % et Delémont à 16,75 %. Pour une entreprise active localement, ces écarts doivent être mis en regard de la clientèle, des équipes, des loyers, des infrastructures et de la substance économique réelle.

Cinq réflexes pratiques

Comment mieux gérer la fiscalité de son entreprise ?

  1. Comparer la charge réelle, pas un taux marketing

    Utilisez un bénéfice et un capital réalistes, puis calculez la charge fédérale, cantonale et communale. Le siège doit correspondre à une implantation et à une direction effectives : une simple adresse dans un canton fiscalement attractif ne remplace pas la substance économique. Si l’activité et la direction sont réellement genevoises, une domiciliation d’entreprise à Genève peut répondre à un besoin administratif, pas créer artificiellement une résidence fiscale.

  2. Planifier salaire et dividendes ensemble

    Le bon équilibre dépend de la prévoyance, des cotisations sociales, du revenu personnel, des besoins de trésorerie et du bénéfice distribuable. Documentez une rémunération conforme aux usages avant de décider un dividende.

  3. Tenir une comptabilité probante

    Une charge ne devient pas déductible parce qu’elle est payée par la société. Elle doit être justifiée commercialement, correctement comptabilisée et documentée. Une comptabilité tenue régulièrement évite les retraitements au moment de la déclaration. Notre liste des documents à réunir pour la déclaration d’impôts aide à préparer le dossier.

  4. Anticiper les décisions avant la clôture

    Investissements, amortissements, provisions, bonus, dividendes et reports de pertes n’ont pas le même calendrier. Une revue avant la clôture permet encore d’agir ; après l’arrêté des comptes, les options sont plus limitées.

  5. Vérifier chaque année les taux et la pratique

    Les coefficients communaux et les règles cantonales évoluent. Reprenez les données officielles au moment d’établir le budget fiscal et conservez les hypothèses utilisées.

Une bonne planification fiscale ne consiste pas à rechercher le taux le plus bas à tout prix. Elle vise une charge prévisible, conforme et cohérente avec l’activité réelle de l’entreprise.

Un calcul adapté à votre société

Préparer la fiscalité de votre Sàrl ou de votre SA

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FAQ

Questions fréquentes sur l’impôt des sociétés en Suisse

Quel est le taux d’imposition des entreprises en Suisse ?

L’impôt fédéral direct est de 8,5 % du bénéfice net imposable. Les impôts cantonaux et communaux s’y ajoutent. La charge globale dépend donc du canton, de la commune, du bénéfice et du capital de la société.

Quel canton applique le taux d’imposition le plus bas ?

Dans le scénario comparable de la Statistique fiscale 2025 — SA au chef-lieu, 2 millions de francs de capital et réserves, rendement de 20 % — Stans affiche 12,01 %, devant Schaffhouse à 12,04 % et Zoug à 12,15 %. Ce classement n’est pas un taux universel pour toutes les entreprises.

Quels impôts une Sàrl ou une SA paie-t-elle ?

Elle paie l’impôt sur le bénéfice à la Confédération, au canton et à la commune. Elle supporte aussi, selon les règles cantonales et communales, un impôt sur son capital propre. À Genève, l’ancienne taxe professionnelle communale a été supprimée au 1er janvier 2024.

Pourquoi le taux varie-t-il selon le canton et la commune ?

La Confédération applique un taux uniforme, mais chaque canton organise sa propre fiscalité et les communes participent à la charge au moyen de coefficients ou de centimes additionnels. Deux communes d’un même canton peuvent donc produire des charges différentes.

Comment fonctionne la double imposition des bénéfices et des dividendes ?

La société paie l’impôt sur son bénéfice, puis l’actionnaire déclare le dividende reçu. Pour une participation d’au moins 10 %, cette double imposition est atténuée : au niveau fédéral, 70 % du dividende est imposable, et les cantons doivent en imposer au moins 50 %.

Peut-on choisir Zoug uniquement pour payer moins d’impôts ?

Le siège fiscal doit correspondre à la réalité de la direction et de l’activité. Le taux n’est qu’un critère parmi d’autres : locaux, personnel, clientèle, coûts, substance économique et impôt sur le capital doivent aussi être évalués.

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Romain Prieur

Romain est le fondateur de la Fiduciaire Karpeo à Genève. Il est expert-comptable diplômé et participe activement à la formation des futurs experts-comptables via son rôle de chargé de cours auprès de EXPERTsuisse. Romain est également le co-fondateur de la plateforme entreprendre.ch qui permet la création d'entreprises en Suisse.