Le guide Karpeo · Fiscalité
Payer moins d’impôts à Genève : les déductions fiscales
Payer le juste montant d’impôt commence par une déclaration complète : tous les revenus et éléments de fortune doivent être annoncés, mais les déductions auxquelles vous avez droit ne doivent pas être oubliées. À Genève, les frais professionnels, la prévoyance, les charges de famille et certaines dépenses immobilières peuvent réduire le revenu imposable, sous conditions.
Une déduction fiscale n’est pas une économie du même montant
Ce guide distingue la déclaration de l’année fiscale 2025, déposée en 2026, de la préparation de l’année fiscale 2026. Sauf indication contraire, les plafonds du tableau concernent uniquement 2025. Ils ne doivent pas être repris automatiquement dans une déclaration 2026.
Une déduction diminue la base sur laquelle l’impôt est calculé. Elle ne réduit généralement pas la facture fiscale franc pour franc. L’économie dépend notamment du revenu, de la composition du ménage, du domicile et du barème applicable.
Exemple purement pédagogique : avec un taux marginal supposé de 25 %, une déduction supplémentaire de 1’000 CHF représenterait environ 250 CHF d’impôt en moins, et non 1’000 CHF. Ce taux n’est ni un barème genevois ni une estimation de votre situation. Le calcul réel doit distinguer l’impôt cantonal et communal (ICC) et l’impôt fédéral direct (IFD).
Principaux repères pour l’année fiscale 2025
| Dépense ou déduction | ICC Genève — 2025 | IFD — 2025 |
|---|---|---|
| Frais de déplacement domicile–travail admis | Maximum 534 CHF | Maximum 3’300 CHF |
| Forfait de frais professionnels du salarié | 3 % du revenu net déterminant, entre 640 et 1’812 CHF | 3 %, entre 2’000 et 4’000 CHF |
| Formation professionnelle admissible à votre charge | Maximum 12’756 CHF | Maximum 13’000 CHF |
| Garde effective d’un enfant par un tiers | Maximum 26’320 CHF par enfant | Maximum 25’800 CHF par enfant |
| Charge entière d’enfant ou de proche admissible | 13’660 CHF, avec restriction ci-dessous | 6’800 CHF |
Ces montants ne constituent pas des droits automatiques. Les règles d’âge, de prise en charge, d’activité et de justification restent déterminantes. En particulier, pour l’ICC 2025, la déduction de charge entière reste limitée à 10’508 CHF — et la demi-charge à 5’254 CHF — lorsqu’une déduction des frais de garde par des tiers est demandée. Il ne faut donc pas additionner mécaniquement les plafonds du tableau.
Salariés : contrôler les frais réellement à votre charge
Commencez par votre certificat de salaire. Il indique les cotisations et certaines prestations de l’employeur qui influencent les déductions. Une dépense déjà prise en charge par celui-ci ne doit pas être déduite une deuxième fois.
Déplacements et repas
Les frais de trajet doivent correspondre aux déplacements professionnels admissibles, pas simplement à l’utilisation d’une voiture. Pour l’IFD 2025, la voiture ne donne pas automatiquement droit à une déduction kilométrique : l’utilisation des transports publics et les éventuelles raisons empêchant de les prendre doivent être examinées. Si la case F du certificat de salaire est cochée, le transport est pris en charge par l’employeur et la déduction de déplacement n’est pas admise selon le guide genevois 2025.
Pour les repas, vérifiez les jours concernés, la possibilité de rentrer chez vous et la participation de l’employeur. Le travail à domicile, les absences et les repas subventionnés peuvent modifier le calcul. Le forfait de frais professionnels et les frais effectifs ne se cumulent pas librement : utilisez les rubriques et conditions propres à chaque impôt.
Formation et perfectionnement
Une formation suivie à vos frais peut ouvrir une déduction si elle poursuit une finalité professionnelle. Pour 2025, il faut notamment détenir un diplôme du secondaire II ou avoir au moins 20 ans et suivre une formation qui ne vise pas un premier diplôme de ce degré. Les dépenses de loisir et les montants remboursés par l’employeur ne sont pas assimilables à des frais de formation professionnelle supportés personnellement.
Conservez les factures, attestations de participation et justificatifs des remboursements éventuels.
Indépendants : partir d’une comptabilité fiable
Pour une entreprise individuelle, le point de départ est le résultat de l’activité, pas une liste de dépenses privées à transformer en charges. Les dépenses doivent être justifiées par l’usage commercial et correctement documentées : locaux professionnels, logiciels, fournitures, assurances professionnelles ou honoraires liés à l’exploitation, selon leur nature et leur utilisation.
Les frais mixtes demandent une attention particulière. Un téléphone, un véhicule ou une pièce du logement utilisés à la fois professionnellement et personnellement nécessitent une répartition défendable. Un investissement durable peut aussi relever d’une immobilisation et d’un amortissement plutôt que d’une déduction intégrale immédiate.
L’entrepreneur salarié de sa propre SA ou Sàrl ne suit pas les mêmes règles qu’un indépendant en raison individuelle. La société et la personne physique ont des déclarations distinctes : ne mélangez pas leurs charges. Les cotisations de prévoyance et les déductions personnelles doivent ensuite être examinées au bon niveau.
Un dossier cohérent comprend les comptes, les justificatifs, la séparation des dépenses privées et commerciales et les attestations sociales. Demandez un accompagnement pour votre déclaration si votre activité et votre fiscalité personnelle se recoupent.
Prévoyance : vérifier les droits avant de verser
Pilier 3a : plafonds 2025 et 2026
Pour les années fiscales 2025 et 2026, les cotisations ordinaires au pilier 3a sont déductibles du revenu à l’ICC et à l’IFD dans les limites suivantes :
- Avec affiliation au 2e pilier : 7’258 CHF par année.
- Sans affiliation au 2e pilier : 20 % du revenu net déterminant de l’activité lucrative, au maximum 36’288 CHF par année.
Le critère est l’affiliation à une caisse de pension, pas seulement l’étiquette « salarié » ou « indépendant ». Le droit de cotiser suppose notamment un revenu d’activité soumis à l’AVS. Une attestation fiscale de l’institution permet de documenter le versement.
Nouveauté : des rachats 3a possibles dès 2026
Un premier rachat peut être effectué en 2026 pour une lacune de 2025. Le dispositif concerne les lacunes à partir de 2025 et permet, sous conditions, de remonter sur dix ans au maximum. Le plafond annuel de rachat est de 7’258 CHF en 2026, en plus de la cotisation ordinaire.
Il faut notamment avoir eu le droit de cotiser durant l’année de la lacune et durant celle du rachat, et avoir versé la totalité de la cotisation ordinaire autorisée pour l’année du rachat. Un rachat effectué en 2026 se déduit en 2026 : il ne transforme pas rétroactivement la déclaration 2025. Faites valider les conditions par votre institution avant tout versement.
Rachat du 2e pilier
Un rachat LPP admissible peut diminuer le revenu imposable, mais le montant doit correspondre aux possibilités de rachat reconnues par la caisse. Les projets de retraite, de retrait en capital ou de financement immobilier doivent être examinés au préalable.
Le guide fiscal 2025 rappelle qu’un prélèvement en capital avant l’expiration du délai de trois ans peut entraîner la suppression de la déduction par rappel d’impôt. Ce n’est donc pas un simple placement bloqué trois ans puis libre de toute conséquence fiscale. La liquidité disponible et les conditions de prévoyance comptent autant que l’économie immédiate.
Familles : distinguer garde, charge et pension alimentaire
Les frais de garde sont fondés sur des dépenses effectives et justifiées, jusqu’au mois du 14e anniversaire de l’enfant. Leur admissibilité dépend notamment de l’activité lucrative, de la formation ou de l’incapacité durable de travailler des parents. Des règles existent également pour les parents seuls qui tiennent ménage avec leurs enfants mineurs dont ils ont la garde.
La crèche, certaines prestations parascolaires ou une personne rémunérée pour garder l’enfant peuvent être concernés. En revanche, la cuisine scolaire et les tâches ménagères ne deviennent pas des frais de garde déductibles. Les factures doivent être jointes ; pour une personne rémunérée directement, les justificatifs doivent identifier le prestataire.
La charge de famille obéit à d’autres conditions : entretien assumé, situation de l’enfant, revenus éventuels et partage entre parents. En cas de séparation ou de garde alternée, ne reproduisez pas simplement la déduction de l’année précédente.
Les pensions admissibles versées à l’ex-conjoint ou pour un enfant mineur peuvent être déduites selon les règles applicables. Pour l’enfant qui devient majeur, la déduction ne se prolonge pas automatiquement après la majorité : le guide genevois prévoit un traitement prorata temporis jusqu’au mois de celle-ci. Conservez convention ou jugement et preuves des versements.
Propriétaires : entretien et intérêts ne se confondent pas avec investissement
Pour les périodes fiscales 2025 et 2026, le régime actuel reste applicable. Les frais d’entretien admissibles peuvent être déclarés selon les règles du forfait ou des frais effectifs. Une rénovation qui maintient l’état du bien ne se traite pas nécessairement comme une transformation qui augmente sa valeur. Les travaux d’économie d’énergie relèvent également de conditions spécifiques.
À Genève, la date de facture détermine en principe l’année de déduction des frais effectifs. Certains investissements énergétiques et frais de démolition peuvent faire l’objet d’un report encadré. Conservez les factures détaillées, y compris la ventilation des travaux ; l’administration peut les demander sans qu’il faille toutes les joindre spontanément.
Les intérêts hypothécaires admissibles concernent le revenu ; le remboursement du capital n’est pas une charge déductible du revenu. La dette elle-même relève de la fortune. Pour comprendre cette distinction, consultez notre guide de l’impôt sur la fortune.
Valeur locative : changement au 1er janvier 2029
Selon l’annonce de l’AFC genevoise du 7 avril 2026, la réforme entre en vigueur le 1er janvier 2029. Le droit actuel demeure applicable jusqu’en 2028 inclus. La suppression de la valeur locative s’accompagnera notamment de restrictions des déductions : il ne faut donc pas appliquer dès maintenant les futures règles à une déclaration 2025 ou 2026.
Santé, assurances et dons : des déductions distinctes
Les primes d’assurance-maladie et les dépenses de soins ne se déclarent pas dans la même rubrique. À l’ICC, les primes admises sont limitées selon les règles genevoises et la tranche d’âge ; l’IFD applique ses propres limites. Le plafond cantonal ne peut pas être repris comme déduction fédérale. Déclarez aussi les subsides selon les instructions du guide.
Pour les frais médicaux 2025, seule la part admissible non remboursée dépassant 0,5 % du revenu net déterminant à l’ICC ou 5 % à l’IFD est déductible. Il ne s’agit pas d’un remboursement des soins par le fisc. Les frais liés au handicap suivent un régime distinct et ne doivent pas être automatiquement soumis à ces franchises.
Les dons doivent être destinés à des bénéficiaires fiscalement admissibles. Pour 2025, leur déduction est limitée à 20 % du revenu net avant dons, à l’ICC comme à l’IFD ; l’IFD exige en outre au moins 100 CHF de dons au total. Les dons cultuels ne reçoivent pas le même traitement aux deux niveaux. Une cotisation associative statutaire n’est pas, à elle seule, un don.
Impôt à la source : une TOU ne garantit pas un remboursement
Si vous êtes imposé à la source, vous ne pouvez pas simplement soustraire les dépenses de ce guide de la retenue opérée par votre employeur. La taxation ordinaire ultérieure, ou TOU, permet notamment de prendre en compte des déductions supplémentaires, mais elle dépend de votre situation de résident ou de non-résident et des conditions applicables.
Elle conduit à recalculer l’impôt sur la base de la déclaration complète. Le résultat peut être un remboursement ou un supplément à payer. Pour les résidents, le passage à la TOU se poursuit en principe les années suivantes jusqu’à la fin de l’assujettissement à la source. La demande ne se retire pas simplement parce que le résultat est défavorable.
Pour l’année fiscale 2025, le guide fixait la demande au 31 mars 2026 : cette échéance est passée. Une prolongation de délai pour déposer une déclaration ordinaire ne doit pas être confondue avec le délai de demande de TOU. Avant une démarche concernant 2026, vérifiez la procédure et faites une simulation complète. Notre guide de l’impôt à la source à Genève présente le contexte.
Préparer les justificatifs sans tout joindre indistinctement
Regroupez les certificats de salaire, relevés de prévoyance, factures professionnelles et de formation, attestations de garde, décomptes médicaux, attestations d’assurance, preuves de dons et documents immobiliers. Vérifiez aussi les pensions, les dettes et les remboursements reçus.
Toutes les pièces ne suivent pas la même règle : certaines doivent accompagner la déclaration, d’autres doivent être conservées à disposition de l’AFC. Par exemple, le guide 2025 demande les factures de garde, tandis que les justificatifs médicaux et de dons sont généralement à tenir à disposition. Consultez les indications propres à chaque rubrique.
Enfin, comparez l’avis de taxation à la déclaration : une déduction demandée n’est pas nécessairement une déduction acceptée. Pour les ménages disposant d’un patrimoine important, le bouclier fiscal genevois constitue un sujet distinct, pas une déduction universelle supplémentaire.
Questions fréquentes
Puis-je encore verser un 3a pour réduire mon revenu 2025 ?
Un versement ordinaire effectué en 2026 ne se rattache pas à 2025. Un rachat admissible couvrant une lacune 2025 est possible dès 2026, mais sa déduction intervient l’année du rachat.
Dois-je toujours choisir les frais effectifs ?
Non. Comparez les frais admissibles au forfait selon les règles de l’ICC et de l’IFD. Le montant le plus élevé de vos dépenses brutes n’est pas nécessairement le montant fiscalement déductible.
Acheter ou dépenser davantage fait-il économiser de l’argent ?
Pas nécessairement. Une dépense de 1’000 CHF ne devient pas gratuite parce qu’elle est déductible. La décision doit d’abord répondre à un besoin réel et tenir compte de votre budget.
Les montants 2025 sont-ils valables pour 2026 ?
Pas automatiquement. Les plafonds 3a présentés ici sont vérifiés pour les deux années. Les autres montants chiffrés concernent expressément 2025 ; utilisez les instructions correspondant à 2026 pour cette période.
Faire vérifier votre déclaration avec Karpeo
Une naissance, une séparation, le début d’une activité indépendante ou un projet de retraite peuvent modifier plusieurs rubriques à la fois. Karpeo vous accompagne pour vérifier les déductions applicables, préparer les justificatifs et distinguer déclaration annuelle et décisions à anticiper.
Sources et périmètre
Guide vérifié le 12 septembre 2026 à partir du guide fiscal 2025 de l’AFC genevoise, des informations de l’OFAS sur le troisième pilier et de l’annonce genevoise sur la valeur locative dès 2029. Informations générales : l’admissibilité dépend de votre dossier et des règles de la période fiscale concernée.
