Amortissements en comptabilité : définition et calculs

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Les amortissements font partis des concepts comptables qui ne sont pas des plus simples à comprendre. Ils sont pourtant très importants pour une entreprise et nécessitent d’être assimilés par les créateurs d’entreprises.

Les équipes comptables de Karpeo vous expliquent tout sur les amortissements des immobilisations en comptabilité.

Définition des amortissements en comptabilité

Comment définir un amortissement ?

L’amortissement représente la perte de valeur d’un bien due à l’usure du temps. La dotation aux amortissements est un terme comptable qui représente cette perte de valeur. Elle est estimée annuellement à la clôture de chaque exercice comptable jusqu’à la fin de la durée d’usage du bien. Le but de l’amortissement est de répartir le coût d’achat d’un bien sur plusieurs exercices comptables afin de respecter le principe comptable de la délimitation périodique.

Prenons un exemple : une entreprise de menuiserie achète une machine pour un montant de 50’000 CHF. Cette machine est considérée comme une immobilisation corporelle car c’est un bien qui sera utilisé dans le processus de production de l’entreprise de manière durable. Les immobilisations corporelles sont les actifs qui servent à la production de l’entreprise et qui sont utilisées sur plusieurs périodes comptables. Ils sont présentés à l’actif du bilan d’une entreprise.

La machine de 50’000 CHF a été achetée en 2022 et sera utilisée sur plusieurs années (disons 5 ans). D’un point de vue comptable, elle sera amortie de 1/5 tous les ans, soit 10’000 CHF. Il s’agit de l’amortissement.

Tous les ans, la machine perdra 10’000 CHF de valeur comptable, qui représente l’utilisation et l’usage de l’immobilisation au fil des ans.

Il existe 2 types d’amortissements : les amortissements directs ou indirects. Voyons ensemble leurs spécificités respectives.

Amortissements directs

Dans la méthode de l’amortissement direct, les écritures comptables sont toutes comptabilisées dans le même compte du plan comptable. Cela signifie que les montants des amortissements et des corrections de valeur sont portés directement en déduction de la valeur des immobilisations corporelles.

Avec cette méthode, la valeur de l’immobilisation visible dans les comptes correspond à sa valeur résiduelle, la valeur nette comptable.

Amortissements indirects

Dans la méthode de l’amortissement indirect, les écritures comptables sont enregistrées dans des comptes différents.

Les amortissements et les corrections de valeur sont comptabilisés dans un compte comptable à part. Ainsi, la valeur d’acquisition du bien est présentée dans le compte comptable selon un montant qui reste inchangé au fil des clôtures comptables. Le compte de correction de valeur est présenté en diminution des postes des immobilisations corporelles (montant au crédit).

Comment calculer les amortissements ?

Les amortissements effectués annuellement par une entreprise doivent être justifiés par l’usage commercial. Ils doivent être effectués en utilisant des taux d’amortissement cohérents en fonction de la durée d’usage prévu des biens. La charge d’amortissement est enregistrée dans le compte de résultat de l’entreprise.

Taux et tableau d’amortissement

Pour s’assurer que toutes les entreprises suivent les mêmes règles, l’Administration Fédérale des Contributions propose une liste de taux d’amortissements dans sa Notice A/1995. Ce sont ces taux qui sont ceux généralement utilisés en comptabilité suisse.

Voici ci-dessous quelques uns des taux d’amortissements autorisés en Suisse :

Type d’immobilisations Taux d’amortissement
Appareils et machines destinés à la production 30%
Mobilier commercial, installations d’ateliers et d’entrepôts 25%
Outillage, ustensiles d’artisans, outillage pour machines 45%
Vaisselle et linge d’hôtel et de restaurant 45%
Machines de bureau 40%
Ordinateurs (hardware et software) 40%
Véhicules à moteur 40%
Bâtiments commerciaux, bureaux 4%
Valeurs immatérielles (brevet, licences) 40%

Les taux mentionnés ci-dessus sont à appliquer à la valeur nette comptable des biens à amortir. Lors du calcul de la charge d’amortissements sur la valeur d’acquisition, les taux mentionnés ci-dessus doivent être réduits de moitié.

Pour calculer les amortissements, il est possible d’utiliser 2 méthodes distinctes :

  • L’amortissement linéaire
  • L’amortissement dégressif

Amortissement linéaire

L’amortissement linéaire calcul le montant d’amortissements en divisant la valeur du bien par le nombre d’années d’utilisation. Le taux de l’amortissement appliqué est donc fonction de la durée d’usage. La charge d’amortissement est effectuée par tranches annuelles constantes.

Ainsi un bien amorti sur 4 ans aura une dotation aux amortissements annuelle égale à 25 % de la valeur d’acquisition du bien.

Amortissement dégressif

L’amortissement dégressif est plus rare et un peu plus complexe. Le calcul d’amortissement est plus important durant les premières années d’usage du bien puis moins importante d’exercice en exercice.

L’amortissement dégressif est souvent apprécié des jeunes entreprises et startups. Elles peuvent ainsi déduire de plus grosses sommes les premières années de leur activité et réduire leur charge imposable.

Les amortissements en comptabilité

Tous les biens physiques ou immatériels d’une entreprise doivent être amortis sur différentes durées en fonction de leur utilisation et des recommandations fiscales. Voyons quelques cas bien spécifiques.

Amortissement d’une voiture

Un véhicule constitue un élément de l’actif immobilisé d’une entreprise. Par définition, il est donc soumis à des amortissements.

En Suisse, la circulaire AFC (notice A/1995) relative aux amortissements considère que la durée normale d’utilisation d’un véhicule est fixée à 5 ans. L’amortissement est donc de 20% de sa valeur d’acquisition par an (40% de sa valeur nette comptable). Pour un véhicule de 10’000 CHF, cela correspond à un amortissement annuel de 2’000 CHF pendant 5 ans.

Amortissement d’un emprunt

Le terme amortissement d’un emprunt revient souvent lors de crédit immobilier mais est plus rarement utilisé en comptabilité d’entreprise. Le montant des intérêts du prêt immobilier et le capital restant dû évoluent de manière différentes en fonction du type d’amortissement pris en compte.

L’amortissement financier d’un emprunt bancaire correspond à la partie du capital emprunté qui est remboursé à chaque échéance mensuelle, trimestrielle ou annuelle. L’échéance est aussi composée des intérêts dus pour la période. Les banques proposent en général un tableau d’amortissements lors de la souscription de l’emprunt.

On distingue deux principaux types d’amortissements financiers : l’amortissement constant et l’annuité constante. Pour l’amortissement constant, la valeur de l’amortissement est identique tout au long de la durée de l’emprunt. Dans le cas de l’annuité constante, la valeur de l’amortissement s’accroît au fur et à mesure que les intérêts diminuent.

Les amortissements : un pilier de la comptabilité d’entreprise

Si vous avez une entreprise, vous n’échapperez pas aux discussions sur les amortissements. Il est important de bien les comprendre car ils mesurent la dépréciation de vos actifs au fil du temps.

Ils permettent de faire de substantielles économies d’impôts. Les conseils d’une fiduciaire sont bienvenus pour vos accompagner dans les calculs et la présentation comptable des immobilisations et des amortissements.

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Romain Prieur
romain.prieur@karpeo.ch

Romain est le fondateur de la Fiduciaire Karpeo à Genève. Il est expert-comptable diplômé et participe activement à la formation des futurs experts-comptables via sont rôle de chargé de cours auprès de EXPERTsuisse. Romain est également le co-fondateur de la plateforme entreprendre.ch qui permet la création d'entreprises en Suisse.