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Quelles assurances prévoir pour créer une entreprise en Suisse ?
Les assurances à prévoir au lancement dépendent de votre statut, de vos collaborateurs et des risques de l’activité. Une raison individuelle n’a pas exactement les mêmes obligations qu’une Sàrl dont le fondateur est salarié. Les assurances sociales, la responsabilité civile, les biens et la perte de revenu répondent à des besoins différents. Voici une méthode pour identifier les obligations, comparer les garanties et construire un budget adapté à votre entreprise.
En bref
Les points à retenir
- Commencez par le statut social du fondateur et la présence de salariés.
- La LAA est obligatoire pour les salariés ; la LPP dépend notamment du salaire et des conditions légales.
- L’assurance perte de gain maladie n’est pas universellement obligatoire, mais une CCT peut l’imposer.
- Une police couvre les risques prévus au contrat, avec exclusions, franchises et plafonds.
Quelles assurances sont obligatoires selon votre situation ?
| Situation au démarrage | Vérifications prioritaires |
|---|---|
| Indépendant reconnu par l’AVS, sans personnel | Affiliation sociale, allocations familiales et protection personnelle à organiser |
| Fondateur salarié de sa Sàrl ou SA | Obligations d’employeur et assurances du salaire |
| Entreprise avec salariés | AVS et autres charges sociales, LAA, LPP selon les conditions, CCT applicable |
| Activité réglementée | Garanties spécifiques exigées par la profession ou l’autorisation |
| Locaux, véhicules ou équipements particuliers | Obligations légales, cantonales et contractuelles propres aux biens |
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L’indépendant reconnu ne relève pas, pour sa propre activité, de la LPP obligatoire ni de l’assurance-chômage. Il doit examiner sa couverture accidents et sa prévoyance. Le fondateur qui travaille dans une Sàrl ou SA est, pour sa rémunération, salarié de la société.
La responsabilité civile professionnelle n’est pas obligatoire de manière identique pour toutes les entreprises. Elle peut toutefois être exigée par une réglementation sectorielle, un bail ou un client. Identifiez la règle applicable au lieu de conclure que toute assurance est facultative ou, à l’inverse, que toutes les garanties sont imposées.
Accidents et prévoyance : que prévoir pour les salariés ?
Les salariés doivent être assurés contre les accidents et maladies professionnels. Lorsqu’ils travaillent au moins huit heures par semaine chez le même employeur, la couverture obligatoire comprend également les accidents non professionnels.
Le choix de l’assureur dépend notamment du champ de compétence de la Suva. Toutes les entreprises ne peuvent donc pas choisir librement un assureur privé. Faites clarifier ce point à l’ouverture.
Pour la LPP, le seuil de salaire annuel est de 22’680 CHF en 2026 auprès d’un même employeur. Les autres conditions et exceptions, notamment l’âge et la durée de l’engagement, doivent être vérifiées. Le règlement peut proposer des prestations allant au-delà du minimum légal.
Ne comparez pas seulement le montant des primes : examinez le salaire assuré, les prestations décès/invalidité, l’épargne et la répartition des cotisations. Dès le premier engagement, préparez les affiliations et le paramétrage de la paie. Le guide embaucher son premier salarié détaille cette étape.
Assurances sociales : AVS, LPP et accidents
Romain présente les principales assurances sociales à prévoir pour les salariés en Suisse : AVS, LPP et assurance-accidents.
Avec Romain Prieur · 4 min 09 Voir sur YouTube Découvrir la chaîne
Quelle responsabilité civile choisir pour votre activité ?
La RC d’entreprise vise les dommages liés notamment à l’exploitation, aux installations ou aux produits. Une RC professionnelle peut répondre aux conséquences d’erreurs dans des prestations spécialisées. Les catégories exactes et les exclusions dépendent du contrat.
Exemple illustratif : un installateur endommage le bien d’un client pendant une intervention ; un consultant commet une erreur causant une perte financière sans dommage matériel. Ces situations ne relèvent pas nécessairement des mêmes garanties.
Demandez si la police couvre :
- les activités réellement proposées et les nouvelles prestations prévues ;
- les personnes qui interviennent, y compris les collaborateurs concernés ;
- les dommages corporels, matériels et financiers selon votre exposition ;
- les pays dans lesquels vous fournissez vos prestations ;
- les frais de défense et les réclamations formulées après la fin d’un contrat.
Une société à responsabilité limitée n’efface pas le besoin d’assurance. Le patrimoine entier de la société peut répondre de ses engagements, et une responsabilité personnelle peut subsister dans certaines situations.
Comment protéger le revenu en cas de maladie ?
L’assurance-maladie de base paie des soins selon ses règles. Elle ne remplace pas automatiquement le revenu de l’entrepreneur. L’assurance indemnités journalières maladie, souvent appelée IJM ou perte de gain maladie, répond à un autre besoin.
Pour les salariés, l’employeur doit continuer à verser le salaire dans les conditions prévues par le droit du travail. Une assurance peut financer une solution équivalente lorsque les conditions sont réunies. Une CCT ou un engagement contractuel peut imposer une couverture particulière.
L’IJM peut relever de la LAMal ou de la LCA, avec des règles différentes. Ne supposez pas que toutes les polices garantissent automatiquement 80 % du revenu pendant 720 jours. Vérifiez la durée, le délai d’attente, les réserves, les exclusions, le revenu déclaré et les conditions de passage en assurance individuelle.
Pour un indépendant, chiffrez aussi les charges qui continueraient sans activité : loyer, abonnements, crédit-bail ou personnel. La prestation qui finance votre revenu privé ne couvre pas forcément tous ces frais fixes.
Assurer le matériel et une interruption d’activité
Dressez un inventaire des biens : mobilier, informatique, machines, stocks et équipements confiés. Précisez leur valeur, leur emplacement et les obligations prévues par les contrats de location ou de crédit-bail.
L’assurance de choses et la perte d’exploitation sont à distinguer. Une indemnisation du matériel endommagé ne signifie pas automatiquement que les revenus perdus ou les frais temporaires seront couverts. L’interruption doit résulter d’un événement garanti selon la police.
Comparez les scénarios utiles : fermeture des locaux, perte du stock, indisponibilité d’une machine, relogement temporaire ou remplacement urgent. Demandez quelle durée serait indemnisée et quelle franchise resterait à votre charge.
Exemple de préparation : une entreprise estime qu’une panne de son équipement principal interromprait la production pendant six semaines. Elle doit chiffrer le remplacement, mais aussi les charges fixes et une solution temporaire. Cette analyse aide à discuter des garanties ; elle ne prouve pas que la panne est couverte.
Cyberassurance et protection juridique : quelles limites examiner ?
La protection juridique peut prendre en charge certains frais de défense, d’avocat ou de procédure. Les domaines couverts, délais de carence, plafonds et conditions d’intervention varient. Un conflit déjà connu avant la souscription ne doit pas être considéré comme couvert sans confirmation.
Pour les cyberrisques, demandez ce qui est prévu en cas de restauration informatique, fuite de données, interruption d’activité ou fraude au paiement. Ces événements peuvent relever de garanties différentes. Une assurance ne dispense pas de maintenir les systèmes, de limiter les accès et de disposer de sauvegardes utilisables.
Préparez aussi les contacts d’urgence et les consignes de déclaration. En cas d’incident, un collaborateur doit savoir qui avertir et quelles mesures éviter de prendre sans coordination. Il est plus utile de tester ce parcours que de ranger une police sans en connaître le fonctionnement.
Comment comparer les offres sans payer pour des doublons ?
Envoyez la même description d’activité à chaque interlocuteur : chiffre d’affaires prévu, effectif, masse salariale, métiers, lieux et biens à couvrir. Une prime basse sur une activité mal décrite n’est pas une comparaison fiable.
Pour chaque proposition, relevez la somme assurée, la franchise, les exclusions, le délai d’attente, la durée d’indemnisation et les engagements de prévention. Rapprochez ces éléments des garanties déjà détenues à titre privé ou par un autre emploi.
Classez ensuite les risques en trois groupes : obligations à respecter, événements qui menacent l’entreprise et incidents supportables avec la trésorerie. Cette méthode permet de discuter les priorités sans multiplier les contrats.
Revoyez les couvertures lors d’une embauche, d’un déménagement, d’un investissement ou d’une nouvelle prestation. Les assurances doivent suivre l’activité réelle, comme le budget de l’entreprise.
Questions fréquentes
La RC professionnelle est-elle obligatoire pour tous les indépendants ?
Non, il n’existe pas d’obligation identique pour toutes les activités. Des professions réglementées, des contrats ou des conditions d’exploitation peuvent l’exiger. Même lorsqu’elle est facultative, elle mérite une analyse si une erreur pourrait produire un dommage important. Vérifiez le métier déclaré et les risques effectivement garantis au lieu de vous fier au seul nom commercial du produit.
Une Sàrl sans salarié externe doit-elle assurer son fondateur ?
Si le fondateur travaille comme salarié de sa Sàrl, la société doit examiner ses obligations d’employeur pour cette rémunération, même si elle n’engage personne d’autre. Les règles AVS, accidents et LPP doivent être appliquées selon les conditions pertinentes. L’absence de collaborateurs externes ne transforme pas automatiquement le dirigeant en indépendant reconnu par l’AVS.
L’assurance maladie de base remplace-t-elle mon revenu ?
Elle ne constitue pas automatiquement une assurance de perte de gain. Le remboursement de soins et le versement d’un revenu pendant une incapacité sont deux prestations différentes. Vérifiez une éventuelle couverture IJM, sa base assurée et son délai d’attente. Pour un entrepreneur, la question porte aussi sur les frais fixes de l’entreprise qui continuent pendant l’arrêt.
Quel budget annuel prévoir pour les assurances ?
Il dépend de l’activité, des risques, des salaires, des biens et des garanties. Un montant unique pour toutes les petites entreprises serait trompeur. Préparez une description précise et comparez les propositions à couverture équivalente. Incluez les franchises et délais d’attente dans le budget de trésorerie : la prime n’est pas le seul coût que l’entreprise pourrait supporter.
Sources et références
Informations vérifiées le 12 septembre 2026. Les sources suivantes permettent d’approfondir les règles présentées.
Préparez des charges cohérentes dès le lancement
Karpeo peut organiser vos budgets, la comptabilité et les données nécessaires au suivi des salaires. Vous disposez d’une base claire pour coordonner vos obligations avec les caisses et les assureurs.
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