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Accord de confidentialité en Suisse : quand prévoir un NDA et que protéger ?
Un accord de confidentialité, souvent appelé NDA, encadre l’utilisation et la divulgation d’informations sensibles. Il devient utile lorsque vous présentez un projet à un partenaire, échangez un savoir-faire ou ouvrez vos données à un prestataire. Son efficacité dépend surtout de sa précision et des mesures prises autour du contrat. Voici les décisions à préparer pour protéger un projet entrepreneurial en Suisse sans bloquer les échanges utiles.
En bref
Les points à retenir
- Identifiez les informations sensibles et la raison exacte de leur transmission.
- Le NDA peut être un accord autonome ou prendre la forme de clauses dans un contrat plus large.
- La confidentialité ne transfère pas les droits de propriété intellectuelle et ne vaut pas clause de non-concurrence.
- Partagez uniquement les documents nécessaires, même après signature.
Quand un accord de confidentialité est-il utile ?
Le NDA sert à poser un cadre avant un échange qui ne doit pas devenir public. Il peut concerner les données financières d’une entreprise, un prototype, un procédé, des informations commerciales ou le détail d’une opération envisagée.
| Situation | Informations à protéger | Décision préalable |
|---|---|---|
| Discussion avec un partenaire industriel | Procédé, plans, conditions de production | Ce qui peut être examiné et dans quel but |
| Recherche d’investisseurs | Comptes détaillés, contrats, stratégie | Niveau d’accès selon l’avancement des discussions |
| Projet informatique | Architecture, accès, données de test | Personnes et outils autorisés |
| Collaboration entre entrepreneurs | Savoir-faire et documents partagés | Confidentialité réciproque et droits sur les résultats |
Évitez de traiter toutes les informations de la même façon. Une présentation commerciale publique n’appelle pas le même cadre qu’un fichier nominatif de clients. Pour une levée de fonds, un premier document peut expliquer la proposition de valeur sans dévoiler les secrets techniques. Les éléments sensibles sont ensuite partagés progressivement.
Ce que le NDA couvre et ce qu’il ne règle pas
Un accord unilatéral protège principalement les informations d’une partie. Un accord réciproque encadre celles des deux partenaires. Choisissez selon les échanges réels, sans imposer une symétrie artificielle.
Le contrat précise normalement les usages autorisés, les destinataires et les limites de divulgation. Ces dispositions peuvent aussi figurer dans un contrat de prestation ou de partenariat : il n’est pas toujours nécessaire de créer un document séparé.
La confidentialité ne décide pas, à elle seule, qui possède le code, le design ou l’invention développés ensemble. Ces droits doivent être réglés expressément. L’IPI recommande de formaliser les rapports juridiques et la propriété intellectuelle dès le début d’une coopération.
De même, empêcher un prestataire de solliciter vos clients ou de concurrencer votre activité relève d’engagements distincts. Les glisser dans une définition très large de la confidentialité rend le document moins lisible. Si vous créez une société avec des associés, coordonnez le NDA avec les statuts et les accords entre associés.
Les points à définir avant de rédiger l’accord
Préparez un brief avec les décisions suivantes. Il permettra au juriste de rédiger un document qui correspond aux échanges prévus.
- Les parties. Identifiez les personnes ou sociétés engagées et vérifiez les pouvoirs du signataire.
- Le projet. Décrivez la négociation ou la collaboration qui justifie l’accès aux informations.
- Le périmètre. Précisez les catégories de données, supports et informations orales concernées.
- L’usage permis. Indiquez ce que le destinataire peut faire pour évaluer ou réaliser le projet.
- Les destinataires. Déterminez quels collaborateurs, conseils et sous-traitants peuvent avoir accès aux documents.
- Les exclusions. Traitez les informations déjà publiques, connues légitimement ou développées indépendamment.
- La durée. Distinguez la période d’échange de la durée de protection.
- La fin de relation. Prévoyez restitution, effacement et conservation justifiée de certaines pièces.
- Les incidents. Organisez l’alerte et les premières mesures en cas de divulgation.
- Les différends. Faites examiner le droit applicable, le tribunal ou l’arbitrage et les conséquences d’une violation.
La précision ne signifie pas forcément un texte long. Un périmètre clair et un usage limité au projet sont souvent plus faciles à appliquer que des formulations qui englobent indistinctement toute activité des parties.
Durée, preuve et conséquences d’une violation
La durée doit correspondre à l’utilité de l’information. Un calendrier de lancement peut perdre sa sensibilité après la commercialisation. Un procédé industriel peut rester confidentiel beaucoup plus longtemps. Il n’existe donc pas un nombre d’années convenant à tous les projets.
Précisez aussi quand la protection commence et si elle concerne les échanges déjà intervenus. Une signature après plusieurs réunions ne reconstitue pas automatiquement la preuve de ce qui a été communiqué. Conservez les versions transmises et les dates d’accès aux espaces documentaires.
En cas de violation, il faut pouvoir identifier l’information concernée, l’obligation et les faits. Si une pénalité contractuelle est envisagée, faites vérifier sa rédaction, ses conditions et son articulation avec les autres recours. Le juge doit réduire une peine conventionnelle qu’il estime excessive selon l’article 163 CO. Inscrire un montant élevé ne dispense donc pas de cette analyse.
Exemple illustratif : pour l’étude d’un prototype, vous pouvez limiter l’accès aux personnes chargées d’évaluer la fabrication et prévoir l’arrêt de cet accès lorsque les discussions cessent. Cette organisation complète le contrat ; elle ne dépend pas uniquement d’une promesse générale de discrétion.
Données personnelles, outils numériques et inventions
Un NDA ne suffit pas à encadrer tous les traitements de données personnelles. Lorsque vous mandatez un prestataire pour les traiter pour votre compte, les règles de sous-traitance doivent aussi être examinées : instructions, sécurité, sous-traitants ultérieurs et éventuels transferts à l’étranger. Le responsable du traitement conserve ses responsabilités même après externalisation.
Pour une application ou un site, utilisez des données de test lorsque cela permet d’avancer sans transmettre de données réelles. Définissez les accès à l’hébergement, aux sauvegardes et aux environnements de développement. Précisez aussi les conditions d’utilisation d’outils externes, notamment d’intelligence artificielle, sur les informations confidentielles.
Pour une invention potentiellement brevetable, la chronologie est essentielle. L’IPI rappelle qu’une divulgation publique avant le dépôt peut compromettre la nouveauté. Évitez donc une publication prématurée, y compris dans une démonstration en ligne. Un conseil en brevets peut aider à organiser le dépôt et les échanges confidentiels nécessaires.
La même discipline s’applique lors d’une campagne de financement : la page publique ne doit pas révéler sans réflexion le savoir-faire qui fait la valeur du projet.
Une méthode simple avant de partager votre dossier
Classez les documents en trois niveaux : public, partagé sous conditions et strictement limité. Désignez la personne qui autorise l’accès. Le contrat signé et les documents doivent être conservés dans un emplacement accessible à l’équipe responsable du projet.
Avant l’envoi :
- Vérifiez l’identité du destinataire et l’entité pour laquelle il agit.
- Retirez les données qui ne sont pas nécessaires à l’échange.
- Contrôlez les signataires et la version du document.
- Utilisez un canal de partage approprié et des droits individuels.
- Fixez la date de réexamen ou de fermeture des accès.
- Informez votre équipe des limites convenues.
En cas de fuite présumée, préservez les éléments disponibles et faites examiner rapidement les mesures utiles. Une réaction organisée est préférable à une accusation publique qui pourrait compliquer le dossier.
Un modèle trouvé en ligne peut aider à préparer les questions, mais il doit être adapté au droit applicable et au projet. Pour un secret important ou une relation transfrontalière, une rédaction juridique ciblée protège mieux qu’un document signé sans discussion.
Questions fréquentes
NDA et accord de confidentialité désignent-ils la même chose ?
Oui, NDA est l’abréviation anglaise couramment utilisée pour un accord de non-divulgation. Il peut s’agir d’un document autonome ou de dispositions intégrées dans un contrat plus large. Le titre importe moins que le contenu : informations couvertes, utilisation permise, destinataires, durée et mesures prévues en cas d’incident doivent être compréhensibles pour les parties.
Un NDA protège-t-il automatiquement mon idée ?
Il encadre les obligations des personnes qui s’y engagent, mais ne crée pas un droit exclusif universel sur une idée. Il ne remplace ni la protection adaptée de la propriété intellectuelle ni le contrôle des accès. Présentez seulement ce qui est nécessaire et identifiez les éléments réellement sensibles. Pour une invention, organisez les échanges en tenant compte d’un éventuel dépôt de brevet.
Faut-il prévoir systématiquement cinq ans de confidentialité ?
Non. Le délai doit correspondre aux informations et au projet. Certaines données cessent rapidement d’être sensibles ; un savoir-faire technique peut conserver sa valeur pendant bien plus longtemps. Distinguez la période durant laquelle des informations seront échangées de la période pendant laquelle leur protection reste nécessaire. Faites aussi préciser le traitement des informations devenues publiques sans violation de l’accord.
Puis-je confier mes données clients à un prestataire qui a signé un NDA ?
La signature ne règle pas à elle seule les obligations liées aux données personnelles. Vérifiez les instructions données, les mesures de sécurité, les personnes qui accèdent aux données et les pays concernés. Si le prestataire agit comme sous-traitant, les exigences correspondantes doivent être couvertes. Réduisez aussi les données transmises à ce qui est nécessaire à la prestation.
Sources et références
Informations vérifiées le 13 septembre 2026. Les sources suivantes permettent d’approfondir les règles présentées.
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