Devenir indépendant en Suisse : démarches et coûts en 2026

Le guide Karpeo · Création d’entreprise

Devenir indépendant en Suisse : démarches et coûts en 2026

Vous souhaitez vous mettre à votre compte en Suisse, exercer en freelance ou lancer une activité à côté de votre emploi ? Ce guide vous accompagne de la préparation du projet à la demande de statut AVS, avec les documents à réunir, les coûts à prévoir et vos premières obligations.

En bref

Ce qu’il faut retenir avant de vous lancer

Le statut AVS, la forme juridique et les inscriptions administratives sont trois sujets distincts. Une inscription au registre du commerce ne garantit pas la reconnaissance comme indépendant.

  • La caisse AVS examine les conditions réelles de votre activité et vos justificatifs.
  • Une raison individuelle ne demande aucun capital minimum, mais vous répondez personnellement de ses dettes.
  • Le registre du commerce et la TVA ont chacun leurs propres règles autour du seuil de 100’000 CHF.
  • Vous devez suivre vos recettes et dépenses dès le début, même si votre comptabilité reste simplifiée.
  • Prévoyez les cotisations sociales, les assurances, les impôts et une réserve de trésorerie.

Les étapes pour devenir indépendant en Suisse

Par où commencer ? Définissez votre activité et préparez vos premiers mandats. Annoncez votre activité à la caisse AVS et rassemblez les justificatifs de votre travail à votre compte. En parallèle, vérifiez les inscriptions et assurances nécessaires. L’affiliation AVS, le registre du commerce et la TVA sont des démarches distinctes.

Commencez par vérifier que votre projet peut être exercé dans les conditions envisagées. Plusieurs démarches se préparent en parallèle : il ne faut pas attendre la décision AVS pour réfléchir à la TVA, conserver vos justificatifs ou organiser vos assurances.

  1. Vérifier votre droit d’exercer

    Votre nationalité, votre permis et votre pays de résidence peuvent modifier les démarches. Certaines professions nécessitent aussi une autorisation spécifique. Vérifiez ces points auprès du canton avant de commencer une activité soumise à autorisation.

  2. Définir votre offre et votre budget

    Identifiez vos clients, vos prestations et votre prix. Estimez les frais de lancement, les charges mensuelles et le délai entre la prestation et son paiement. Votre chiffre d’affaires doit financer votre rémunération, mais aussi le temps non facturable et les périodes creuses.

  3. Choisir la forme adaptée à votre projet

    La raison individuelle convient souvent pour démarrer seul. Une Sàrl ou une SA répond à d’autres besoins, notamment en matière d’associés et de financement. Le choix dépend aussi du risque de l’activité, pas uniquement du chiffre d’affaires.

  4. Organiser le début de l’activité

    Préparez contrats, devis, facturation et suivi des paiements. Choisissez une adresse professionnelle adaptée ; une domiciliation à Genève peut répondre à un besoin d’adresse, sans remplacer les autorisations ni les preuves d’activité.

  5. Vous annoncer à la caisse AVS compétente

    Contactez la caisse au début de votre activité. Selon votre affiliation professionnelle, il peut s’agir d’une caisse professionnelle ou cantonale. Décrivez votre organisation et transmettez les justificatifs disponibles, puis complétez le dossier à sa demande.

  6. Contrôler vos obligations administratives

    Examinez séparément le registre du commerce, le numéro IDE, la TVA, la comptabilité et les assurances. Si vous engagez du personnel, les obligations d’employeur s’ajoutent à celles de votre activité.

  7. Mettre à jour votre budget après le lancement

    Comparez les revenus réels à vos prévisions. Informez la caisse si le revenu estimé change sensiblement et adaptez vos provisions pour cotisations et impôts. Garder une trésorerie disponible évite de confondre le solde bancaire avec le revenu que vous pouvez dépenser.

Vos démarches : à qui vous adresser et quoi préparer ?

DémarcheInterlocuteurÀ préparer et résultat attendu
Faire reconnaître votre statutCaisse AVS professionnelle ou cantonaleDescription de l’activité, contrats, factures et frais engagés. La caisse examine votre situation et rend sa décision.
Inscrire votre raison individuelle, si nécessaireRegistre du commerce du cantonNom, adresse, but et documents demandés par le registre. L’inscription rend les informations de l’entreprise publiques.
Examiner votre assujettissement TVAAdministration fédérale des contributionsNature des prestations et chiffre d’affaires prévisionnel. Vous déterminez si une inscription est nécessaire dès le démarrage.
Organiser votre protection et vos comptesAssureur, institution de prévoyance et fiduciaire selon vos besoinsBudget, risques du métier, couvertures existantes et classement des justificatifs. Vous préparez le suivi de votre activité.

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Devenir indépendant en Suisse : tout ce que vous devez savoir !

Devenir indépendant en Suisse : tout ce que vous devez savoir !

Retrouvez les grandes étapes et les questions à vous poser pour préparer votre lancement.

Les conditions pour être reconnu indépendant par l’AVS

Pour les assurances sociales, le statut dépend de la manière dont vous travaillez. Le mot « freelance » sur un contrat ou une inscription administrative ne suffit pas. La caisse examine notamment votre autonomie, le risque économique assumé et votre relation avec les clients.

  • Votre organisation : vous décidez de vos méthodes, de vos moyens et de l’organisation de votre travail.
  • Votre risque économique : vous engagez des frais, facturez en votre nom et assumez le risque d’impayé.
  • Votre clientèle : plusieurs clients peuvent appuyer le dossier, mais leur nombre ne garantit pas le statut.

Il n’existe pas de seuil universel de part de chiffre d’affaires par client qui règle automatiquement la question. Une situation se juge dans son ensemble, et une personne peut être salariée pour une activité tout en étant indépendante pour une autre.

Exemple illustratif. Une consultante qui propose ses prestations à plusieurs entreprises, fixe ses conditions et assume ses frais présente des indices d’indépendance. Une mission réalisée sous la direction d’un donneur d’ordre, avec ses horaires et ses moyens, peut nécessiter une analyse différente. Le nom donné au contrat ne tranche pas la question.

La décision AVS concerne les assurances sociales. La fiscalité et les obligations commerciales doivent être examinées séparément. Notre guide sur le statut de salarié et d’indépendant en Suisse approfondit les différences.

Quels documents préparer pour votre dossier AVS ?

Un bon dossier décrit votre activité et rend son fonctionnement vérifiable. La liste exacte dépend de votre caisse et de votre métier. Réunissez les documents dont vous disposez déjà, puis expliquez les démarches encore en cours.

Les justificatifs utiles à préparer
Élément Ce qu’il permet de comprendre
Description de l’activité Vos prestations, votre clientèle visée, votre organisation et votre date de début.
Contrats, mandats et devis La nature des missions et les conditions convenues avec les clients.
Factures et paiements disponibles L’existence d’une activité et de relations commerciales concrètes.
Frais et investissements Les moyens engagés : matériel, logiciels, locaux ou autres dépenses utiles.
Présence professionnelle Site, communication, documents commerciaux et démarches de prospection.
Identité et autorisations Votre situation personnelle, votre permis et les autorisations requises selon l’activité.

Il n’y a pas de règle nationale des « trois factures minimum ». Une caisse peut demander des pièces complémentaires. Consultez ses exigences et expliquez ce qui n’est pas encore disponible au lieu d’attendre un nombre arbitraire de factures.

Checklist avant l’envoi de votre dossier AVS

  • Décrivez vos prestations, votre date de début et votre manière de trouver des clients.
  • Joignez les contrats, devis acceptés, factures et justificatifs de paiement disponibles.
  • Rassemblez les preuves de frais : matériel, logiciels, locaux ou communication.
  • Indiquez votre revenu annuel estimé, en distinguant chiffre d’affaires et frais professionnels.
  • Vérifiez les pièces d’identité, autorisations et signatures demandées par votre caisse.
  • Gardez une copie du dossier et une liste des pièces restant à transmettre.

Exemple illustratif : une graphiste à Lausanne peut présenter ses mandats signés, ses premières factures, ses abonnements logiciels et une courte description de son organisation. Elle précise comment elle fixe ses tarifs et recherche ses clients. Ces pièces documentent son activité ; la caisse apprécie ensuite l’ensemble de la situation.

À quelle caisse envoyer la demande ?

Les membres d’une association fondatrice d’une caisse professionnelle relèvent en principe de celle-ci. Dans les autres cas, une caisse cantonale est compétente. L’OFAS détaille les règles d’affiliation ; les contacts AVS/AI aident à trouver votre interlocuteur.

Que faire si la caisse demande des précisions ou refuse ?

Répondez point par point, avec les contrats et justificatifs correspondant à votre situation. En cas de refus, demandez une décision motivée et examinez les voies de droit ainsi que le délai indiqué. Modifier seulement le vocabulaire d’un contrat ne suffit pas si les conditions de travail restent celles d’un emploi salarié.

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Comment remplir sa demande d’indépendant en Suisse (tutoriel)? ✅

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Ce tutoriel vous aide à comprendre les informations demandées. Utilisez toujours le formulaire et les exigences actuels de votre caisse.

Combien coûte le lancement d’une activité indépendante ?

Il faut distinguer le coût des démarches, les dépenses de votre activité et votre budget personnel. L’absence de capital minimum en raison individuelle ne signifie pas que le lancement ne coûte rien.

Budget de création et de fonctionnement
Poste À prévoir
Capital de départ Aucun minimum légal pour une raison individuelle. Prévoyez néanmoins les moyens nécessaires à votre activité.
Registre du commerce 80 CHF d’émolument de base pour une entreprise individuelle, auxquels peuvent s’ajouter des frais de légalisation et d’autres prestations. Consultez le détail officiel des frais.
Autorisations et adresse Coûts variables selon votre métier, votre canton et vos besoins de locaux ou de domiciliation.
Équipement et lancement Matériel, logiciels, communication, assurances et éventuels stocks.
Gestion courante Comptabilité, banque, frais professionnels et accompagnement choisi.
Réserves Cotisations sociales, impôts, TVA éventuelle et trésorerie pour les périodes sans encaissement.

Les cotisations sociales à budgéter

En 2026, le taux AVS/AI/APG des indépendants varie de 5,371 % à 10 % selon le revenu déterminant. Une cotisation minimale et des règles particulières existent pour certaines situations. À cela s’ajoutent les frais administratifs et les cotisations aux allocations familiales. Notre article sur les cotisations AVS et les assurances des indépendants explique leur fonctionnement. Le barème officiel est disponible dans les sources en fin de guide.

La prévoyance professionnelle, la couverture accidents et la perte de gain maladie sont aussi à examiner. L’indépendant n’est pas assuré au chômage au titre de son activité indépendante. Les dépenses de protection doivent donc être intégrées au budget, même lorsqu’une assurance est facultative.

Un exemple pour distinguer chiffre d’affaires et revenu

À titre d’illustration, 90’000 CHF de chiffre d’affaires et 20’000 CHF de frais professionnels laissent 70’000 CHF avant les cotisations personnelles et les impôts non compris dans ces frais. Ce montant n’est pas un salaire net disponible. Le calcul AVS définitif suit les règles de la caisse, et l’impôt dépend de votre situation.

Le coût de l’accompagnement Karpeo

Choisissez votre niveau d’accompagnement : la formation vidéo Entreprendre.ch est gratuite, sans création de compte. Un conseil personnalisé de 30 minutes coûte 89 CHF TTC. Pour déléguer votre dossier, notre accompagnement à la création de raison individuelle est proposé à 690 CHF HT. Les frais tiers éventuels sont à distinguer des honoraires. Aucun capital minimum ni acte notarié de fondation n’est nécessaire pour une RI.

Registre du commerce, TVA, comptabilité et impôts

Ces obligations répondent à des règles différentes. Le fait d’être sous un seuil ne dispense pas des autres démarches.

Le registre du commerce

Pour une entreprise individuelle exploitée en la forme commerciale, l’inscription devient en principe obligatoire dès 100’000 CHF de chiffre d’affaires annuel. Des exceptions existent, notamment selon l’activité. Le registre cantonal peut confirmer votre obligation et les frais applicables. La raison de commerce doit notamment contenir votre nom de famille.

La TVA

Le seuil général est de 100’000 CHF de chiffre d’affaires mondial déterminant, et non uniquement de ventes réalisées en Suisse. Les prestations exclues du champ de l’impôt et certaines activités obéissent à des règles spécifiques. Une entreprise nouvelle doit examiner le chiffre d’affaires prévisible : un assujettissement peut s’appliquer dès le début.

Consultez notre guide pour comprendre le fonctionnement de la TVA suisse. Karpeo peut également vous accompagner dans la gestion des décomptes TVA.

La comptabilité

En dessous de 500’000 CHF de chiffre d’affaires au dernier exercice, une RI peut tenir une comptabilité simplifiée des recettes, des dépenses et du patrimoine. À partir de ce seuil, elle doit appliquer les règles de comptabilité et de présentation des comptes du Code des obligations. L’annexe n’est pas systématiquement obligatoire pour une entreprise individuelle : l’article 959c CO prévoit une exception hors régime des grandes entreprises.

Conservez vos justificatifs et organisez vos comptes dès le début. Notre guide explique comment faire votre comptabilité d’indépendant. Une tenue de comptabilité adaptée à votre activité facilite aussi le suivi de votre trésorerie et votre déclaration fiscale.

Les impôts et la prévoyance

Le bénéfice de la raison individuelle entre dans les revenus imposables de son propriétaire. Le patrimoine professionnel peut aussi relever de l’impôt sur la fortune. Les frais professionnels justifiés et les déductions de prévoyance suivent leurs règles respectives ; une dépense privée ne devient pas déductible parce qu’elle est payée par le compte professionnel.

Pour le pilier 3a en 2026, une personne affiliée au 2e pilier dispose du plafond ordinaire de 7 258 CHF. Sans affiliation au 2e pilier, le plafond correspond à 20 % du revenu, avec un maximum de 36 288 CHF. Notre guide du montant maximal du pilier 3a approfondit les plafonds et leur fonctionnement.

Salarié, frontalier ou futur indépendant : les cas particuliers

Être salarié et indépendant en même temps

Le cumul est possible. Vérifiez votre contrat, le devoir de fidélité envers l’employeur et les règles applicables à votre profession. Annoncez votre activité indépendante à la caisse et déclarez vos revenus selon votre situation.

Le fait que cette activité reste accessoire ne garantit pas sa reconnaissance. À l’inverse, gagner davantage avec elle qu’avec votre emploi ne déclenche pas automatiquement une requalification. Ce sont les conditions d’exercice qui comptent. Pour les faibles revenus accessoires, demandez à la caisse si les règles particulières de cotisation vous concernent.

Pour approfondir les différences entre les deux statuts, consultez notre guide salarié ou indépendant en Suisse.

Devenir indépendant en Suisse comme frontalier

Il faut examiner ensemble votre nationalité, votre résidence et le lieu réel de l’activité. Pour un ressortissant UE/AELE qui réside à l’étranger et exerce en Suisse, une autorisation de frontalier peut être nécessaire. Les démarches relèvent du canton compétent ; à Genève, les questions de permis passent notamment par l’OCPM.

Une adresse suisse ne suffit pas à établir la réalité de votre activité. Si vous travaillez dans plusieurs pays, les règles de coordination des assurances sociales et l’analyse fiscale demandent une attention particulière. Ne partez pas du principe que tous les revenus et toutes les cotisations seront automatiquement suisses.

Pour les résidents français concernés, l’assurance-maladie comporte un droit d’option sous conditions, à exercer en principe dans les trois mois. Ce n’est pas une simple assurance facultative. Consultez les explications de l’OFSP pour les frontaliers.

Ressortissants d’un État hors UE/AELE

Les conditions dépendent du permis détenu et de la situation personnelle. La création d’une Sàrl ne donne pas automatiquement le droit d’y travailler. Vérifiez les conditions genevoises pour les ressortissants d’États tiers ou celles de votre canton avant de vous engager.

Retirer le 2e pilier pour financer le projet

Un versement en espèces peut être possible lors du passage à une activité indépendante si vous n’êtes plus soumis à la LPP obligatoire. La caisse de pension exige des preuves ; pour une personne mariée, l’accord du conjoint est requis.

Contactez votre institution dès la préparation du projet. Le délai se rattache au début de l’activité, et non simplement à la date de la décision AVS. Consultez notre guide pour retirer votre 2e pilier pour devenir indépendant et préparer votre demande. Faites confirmer les règles applicables à votre dossier par votre institution.

Un retrait réduit votre épargne retraite et peut modifier vos couvertures. Il entraîne également une imposition séparée du revenu ordinaire. Comparez les besoins de financement et les conséquences de prévoyance avant de décider.

Vous êtes au chômage

Avant de démarrer, échangez avec votre ORP et votre caisse de chômage sur votre projet, les éventuels soutiens et les conséquences pour vos indemnités. Le calendrier de lancement peut avoir une incidence sur vos droits.

Quel est l’équivalent de l’auto-entrepreneur en Suisse ?

Il n’existe pas de régime suisse identique à la micro-entreprise française. Pour une personne qui exerce seule, la raison individuelle est souvent la solution la plus proche dans son usage, mais ses règles sociales et fiscales sont différentes.

Micro-entreprise française et raison individuelle suisse
Question France : micro-entreprise Suisse : raison individuelle
Nature du dispositif Régimes fiscal et social simplifiés, sous conditions. Forme d’exercice d’une activité en nom propre.
Base des cotisations Chiffre d’affaires, avec un taux selon l’activité. Revenu déterminant selon les règles AVS.
Imposition Règles du régime micro, avec options et conditions. Bénéfice réel intégré aux revenus du propriétaire.
Limites Plafonds du régime ; franchise TVA distincte. Pas de plafond général de chiffre d’affaires pour la RI ; obligations selon les seuils applicables.
Comptabilité Obligations simplifiées dépendant de l’activité. Recettes, dépenses et patrimoine, puis comptabilité complète selon le seuil légal.

Les seuils français évoluent et varient selon l’activité. Ne confondez pas ses plafonds avec ceux de la franchise TVA.

Si vous résidez en France, votre statut de micro-entrepreneur ne se transfère pas automatiquement en Suisse. Il faut examiner les autorisations et les règles transfrontalières en fonction du lieu où vous exercez réellement.

Raison individuelle ou Sàrl : comment choisir ?

La raison individuelle offre une organisation simple pour exercer seul. La Sàrl crée une personne morale distincte et permet d’organiser la participation d’associés. Le meilleur choix dépend du risque, des partenaires, du financement et de votre situation personnelle.

Les principales différences entre RI et Sàrl
Critère Raison individuelle Sàrl
Capital minimum Aucun. 20’000 CHF, intégralement libérés.
Responsabilité Le propriétaire répond sur son patrimoine personnel. La société répond sur ses actifs ; des responsabilités personnelles ou garanties restent possibles.
Associés Un seul propriétaire. Un ou plusieurs associés.
Fiscalité Bénéfice imposé chez le propriétaire. Imposition de la société ; salaire et distributions traités chez les bénéficiaires.
Protection sociale Statut indépendant à examiner avec la caisse AVS. Le dirigeant rémunéré relève en principe du régime salarié ; les conditions LPP s’appliquent.
Chômage Pas d’assurance-chômage pour l’activité indépendante. Cotiser ne garantit pas les indemnités tant que subsiste une position assimilable à celle d’un employeur.

Les avantages et limites de la raison individuelle

Elle permet de démarrer sans capital minimum et de décider seul. En contrepartie, vos dettes professionnelles engagent aussi votre patrimoine personnel et votre protection sociale doit être organisée. Une activité avec des engagements importants peut justifier une autre structure dès le départ.

Le passage ultérieur à une société se prépare : contrats, actifs, fiscalité et assurances doivent être examinés. Il n’existe pas de seuil unique de chiffre d’affaires qui rende la Sàrl automatiquement préférable. Notre guide de création de Sàrl en Suisse développe les démarches propres à cette forme.

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Raison individuelle en Suisse : tout ce que vous devez savoir avant de vous lancer !

Raison individuelle en Suisse : tout ce que vous devez savoir avant de vous lancer !

Approfondissez le fonctionnement de la raison individuelle, ses avantages et les points à vérifier avant de choisir cette forme.

Questions fréquentes sur le statut d’indépendant

Quelles sont les premières démarches pour devenir indépendant en Suisse ?

Vérifiez votre droit d’exercer, préparez votre offre et votre budget, puis annoncez le début d’activité à la caisse AVS compétente. Constituez les preuves de votre activité et examinez en parallèle les obligations de registre du commerce, de TVA, de comptabilité et d’assurance.

Faut-il trois clients ou trois factures pour être reconnu indépendant ?

Il n’existe pas de règle nationale garantissant le statut avec trois clients ou trois factures. La caisse examine l’ensemble de la situation. Plusieurs clients et des justificatifs d’activité sont utiles, mais leur nombre ne remplace pas l’analyse des conditions réelles de travail.

Peut-on commencer à facturer avant la décision de la caisse AVS ?

Des factures et contrats peuvent servir de preuves dans le dossier AVS. Il faut toutefois disposer des autorisations nécessaires et s’annoncer rapidement à la caisse compétente. Tant que la décision n’est pas rendue, la qualification sociale de l’activité n’est pas garantie.

Combien coûte une création de raison individuelle ?

Aucun capital minimum n’est exigé. Le budget dépend notamment du registre du commerce, des autorisations, du matériel et de l’accompagnement choisi. Les cotisations, assurances et impôts sont des dépenses distinctes à prévoir dès le lancement. Consultez le détail actualisé des prestations avant de comparer les prix.

Combien de temps prend la reconnaissance AVS ?

Le délai dépend de la caisse, de l’activité et des pièces transmises. Un dossier incomplet peut nécessiter des échanges supplémentaires. Demandez une estimation à votre caisse et distinguez le temps de préparation du dossier du temps de décision administrative.

Puis-je rester salarié et devenir indépendant à côté ?

Oui, sous réserve notamment du contrat de travail, du devoir de fidélité et des autorisations nécessaires. La caisse examine séparément l’activité indépendante. Le fait qu’elle rapporte moins ou plus que votre salaire ne détermine pas à lui seul sa qualification.

Un frontalier peut-il devenir indépendant en Suisse ?

Oui, si sa situation lui permet d’obtenir l’autorisation nécessaire et si les conditions d’exercice sont remplies. Il faut examiner le pays de résidence, la nationalité, le lieu réel de travail, les assurances sociales et la fiscalité. Une adresse de domiciliation ne règle pas, à elle seule, ces questions.

Existe-t-il un statut d’auto-entrepreneur en Suisse ?

La Suisse ne possède pas de régime identique à la micro-entreprise française. La raison individuelle est souvent la forme la plus proche pour exercer seul. Elle obéit aux règles suisses de reconnaissance AVS, de comptabilité et d’imposition du bénéfice réel.

Dois-je payer la TVA dès ma première facture ?

Cela dépend de votre assujettissement. Pour une activité nouvellement lancée, le chiffre d’affaires déterminant prévisible peut entraîner un assujettissement dès le début. Le seuil général de 100’000 CHF ne s’apprécie pas uniquement sur les ventes suisses et comporte des exceptions.

Puis-je retirer mon 2e pilier pour démarrer ?

Un versement en espèces peut être possible lors du passage à une activité indépendante si vous n’êtes plus soumis à la LPP obligatoire. La caisse de pension vérifie les conditions et justificatifs ; le consentement du conjoint est requis pour une personne mariée. Contactez-la dès le début du projet, car le délai se rattache au début d’activité, pas simplement à la date de la décision AVS.

Une comptabilité simplifiée suffit-elle ?

Une entreprise individuelle dont le chiffre d’affaires du dernier exercice est inférieur à 500’000 CHF peut tenir une comptabilité des recettes, des dépenses et du patrimoine. À partir de 500’000 CHF, les règles de comptabilité et de présentation des comptes du Code des obligations s’appliquent.

Sources et mise à jour du guide

Guide mis à jour le 11 septembre 2026. Les démarches décrites s’appuient sur les informations des autorités et organismes compétents. Les conditions propres à un permis, une caisse ou une activité restent à confirmer auprès de l’interlocuteur concerné.

Romain Prieur, expert-comptable et entrepreneur

À propos de l’auteur

Romain Prieur

Expert-comptable diplômé fédéral et entrepreneur, Romain est le fondateur de Karpeo à Genève.

Il accompagne les indépendants et les dirigeants de PME dans la création de leur entreprise, leur comptabilité et leur fiscalité.

Il est également cofondateur d’Entreprendre.ch, une plateforme dédiée à la création d’entreprises en Suisse.

Chargé de cours auprès d’EXPERTsuisse, il participe à la formation des futurs experts-comptables.

Sur sa chaîne Entreprendre en Suisse avec Romain, il explique les démarches et les décisions concrètes auxquelles les entrepreneurs sont confrontés.

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Romain Prieur

Romain est le fondateur de la Fiduciaire Karpeo à Genève. Il est expert-comptable diplômé et participe activement à la formation des futurs experts-comptables via son rôle de chargé de cours auprès de EXPERTsuisse. Romain est également le co-fondateur de la plateforme entreprendre.ch qui permet la création d'entreprises en Suisse.