Jours ouvrables et jours ouvrés : différences et calcul en Suisse
Un délai de cinq jours peut changer selon les jours comptés. Pour la paie et les vacances, la bonne méthode part du calendrier applicable et de l’horaire réel du salarié.
L’essentiel : trois façons de compter les jours
Un jour calendaire est un jour du calendrier, qu’il soit travaillé ou non. Dans l’usage courant, les jours ouvrables désignent généralement les jours où le travail peut être effectué, souvent du lundi au samedi hors jours fériés. Les jours ouvrés désignent les jours effectivement travaillés selon l’organisation considérée, souvent du lundi au vendredi dans un bureau.
Ces repères ne constituent pas une définition unique applicable à tous les textes suisses. Un contrat, une convention collective ou une règle de procédure peut préciser un autre mode de calcul. Lisez toujours la disposition qui fixe le délai.
Pour les vacances, partez surtout des semaines de droit et des jours normalement travaillés. Le Code des obligations prévoit un minimum exprimé en semaines, ce qui évite d’importer automatiquement un système de décompte français.
Jours calendaires, ouvrables et ouvrés : tableau comparatif
| Notion | Principe usuel | Exemple pour un bureau ouvert du lundi au vendredi |
|---|---|---|
| Jour calendaire | Tous les jours de l’année | Samedi et dimanche compris |
| Jour ouvrable | Jour habituellement susceptible d’être travaillé, selon le contexte | Souvent lundi à samedi, hors jours fériés |
| Jour ouvré | Jour travaillé selon le calendrier de l’organisation | Lundi à vendredi, hors jours chômés applicables |
| Jour de travail individuel | Jour prévu à l’horaire de la personne | Peut être seulement lundi, mardi et jeudi pour un temps partiel |
La différence entre calendrier de l’entreprise et horaire individuel est essentielle. Un vendredi peut être ouvré dans l’entreprise sans être un jour de travail pour un salarié qui ne travaille que du lundi au jeudi.
À l’inverse, le samedi n’est pas automatiquement un jour non travaillé. Dans le commerce, l’hôtellerie ou d’autres activités, il peut faire partie de l’horaire. Les règles sur le dimanche et les exceptions restent à examiner selon l’activité.
Pour éviter les ambiguïtés, un contrat commercial peut préciser « cinq jours du lundi au vendredi, hors jours fériés au lieu de livraison ». Cette formulation est souvent plus exploitable qu’un mot laissé sans définition.
Comment calculer un délai de cinq jours ?
Prenons un exemple contractuel fictif. Une demande est reçue un lundi. Le contrat prévoit un délai de cinq jours, décompté à partir du lendemain, et aucun jour férié n’intervient.
| Définition retenue dans cet exemple | Jours comptés | Échéance obtenue |
|---|---|---|
| Cinq jours calendaires | Mardi à samedi | Samedi |
| Cinq jours ouvrables, lundi à samedi | Mardi à samedi | Samedi |
| Cinq jours ouvrés, lundi à vendredi | Mardi, mercredi, jeudi, vendredi, lundi suivant | Lundi suivant |
L’exemple suppose explicitement que le jour de réception ne compte pas. Un autre texte peut retenir un point de départ différent. Il ne suffit donc pas de connaître la définition des jours ; il faut aussi identifier le premier jour et la règle applicable à l’échéance.
Ajoutez ensuite les jours fériés pertinents. Un jour chômé dans un canton peut être un jour normal dans un autre. Pour une opération entre plusieurs cantons, le lieu auquel se rattache le délai doit être clarifié.
Les délais légaux ou judiciaires peuvent comporter des règles spécifiques. N’appliquez pas mécaniquement le tableau à un délai de recours, à une poursuite ou à une résiliation de contrat.
Comment décompter les vacances d’un salarié ?
Le droit minimal suisse est de quatre semaines par année de service pour les adultes, et de cinq semaines jusqu’à l’âge de 20 ans révolus. Une CCT ou le contrat peut accorder davantage. Le taux d’activité ne réduit pas le nombre de semaines de repos.
Dans une entreprise fonctionnant cinq jours par semaine, quatre semaines représentent généralement 20 jours de travail. Pour une personne travaillant trois jours par semaine, quatre semaines représentent 12 jours de son horaire. Dans les deux cas, la personne peut s’absenter pendant quatre semaines complètes.
Exemple à temps partiel
Une salariée travaille lundi, mardi et jeudi. Elle prend une semaine complète de vacances sans jour férié. Son compteur diminue de trois jours, pas de cinq. Les mercredi et vendredi n’étaient pas prévus comme jours de travail.
Si le taux d’activité est réparti sur cinq journées plus courtes, une semaine d’absence correspond au contraire à cinq journées de cette durée réduite. Confondre un temps partiel en jours et un temps partiel en heures peut fausser le compteur.
Le décompte en heures est souvent utile pour des horaires variables. La méthode doit rester cohérente avec le droit en semaines et avec les heures qui auraient normalement été travaillées. Documentez les changements d’horaire au lieu de modifier arbitrairement un solde.
Quel effet ont les jours fériés ?
Les jours fériés applicables dépendent notamment du canton et parfois de règles locales. Le 1er août est le seul jour férié fédéral. Les autres jours ne sont pas identiques dans toute la Suisse.
Lorsqu’un jour férié tombe pendant des vacances et correspond à un jour qui aurait normalement été travaillé, il ne doit en principe pas être décompté comme une journée de vacances. À l’inverse, un jour férié tombant sur un jour habituellement non travaillé n’ouvre pas automatiquement un jour de remplacement.
Reprenons la salariée qui travaille lundi, mardi et jeudi. Un jeudi férié situé dans sa semaine de vacances peut modifier le décompte. Un vendredi férié ne se transforme pas automatiquement en congé supplémentaire pour elle.
Consultez notre calendrier des jours fériés par canton avant de paramétrer les absences. Vérifiez aussi la convention collective et les règles plus favorables de l’entreprise.
Combien y a-t-il de jours ouvrés en 2026 ?
L’année 2026 comprend 365 jours. Elle compte 261 jours du lundi au vendredi, avant déduction des jours fériés et des autres absences. Ce total calendaire ne correspond pas au nombre de jours effectivement travaillés par chaque salarié.
La méthode pour un horaire régulier du lundi au vendredi est la suivante :
Jours potentiels de travail − jours fériés tombant sur cet horaire − vacances − autres absences concernées.
À Genève, les jours fériés officiels de 2026 comprennent huit dates qui tombent du lundi au vendredi. Le 1er août tombe un samedi. Pour cet horaire de cinq jours, le total est donc de 253 jours après ces jours fériés et avant les vacances : 261 moins 8.
Avec quatre semaines de vacances prises sur 20 jours de travail distincts des jours fériés, cet exemple conduit à 233 jours avant les autres absences. Il ne constitue pas un forfait légal de facturation ou une norme pour tous les contrats.
Pour un autre canton, un horaire incluant le samedi ou un temps partiel, refaites le calcul. Soustraire les neuf jours fériés genevois sans vérifier leur position dans la semaine donnerait ici un résultat incorrect.
Les erreurs à éviter dans la paie et les contrats
La première erreur consiste à appliquer un calendrier national unique. Une entreprise active dans plusieurs cantons doit déterminer les règles pertinentes pour chaque lieu de travail.
La deuxième consiste à traiter tous les salariés à temps partiel comme s’ils travaillaient cinq jours courts. La répartition réelle de leur activité est déterminante pour les absences et les jours fériés.
La troisième consiste à mélanger un droit annuel en semaines avec un compteur en jours calculé sur une autre base. Inscrivez clairement la convention de décompte dans l’outil et expliquez-la aux salariés.
Enfin, ne reportez pas automatiquement toute échéance tombant un dimanche au lundi suivant. Pour la résiliation d’un contrat de travail, la réception dans le délai applicable est déterminante. Attendre le prochain jour ouvré peut faire manquer une échéance de fin de mois.
Le temps de travail et le calendrier des absences doivent être cohérents. Une méthode écrite, quelques exemples et une vérification annuelle évitent beaucoup de discussions.
Questions fréquentes sur le calcul des jours
Le samedi est-il toujours un jour ouvré ?
Non. Il peut être ouvrable dans l’usage retenu, mais il n’est ouvré pour une organisation que s’il entre dans son calendrier de travail. La définition contractuelle reste à vérifier.
Cinq jours ouvrés correspondent-ils toujours à une semaine ?
Souvent pour un bureau ouvert du lundi au vendredi, mais pas nécessairement en présence de jours fériés, d’une fermeture ou d’une autre définition du délai.
Un temps partiel donne-t-il moins de semaines de vacances ?
Non. Le nombre de jours ou d’heures correspondant aux semaines de vacances s’adapte à l’horaire. Le nombre de semaines de droit ne se réduit pas simplement selon le pourcentage d’activité.
Faut-il compter tous les jours fériés dans le calcul annuel ?
Non. Pour déterminer les jours de travail retirés d’un horaire, il faut vérifier lesquels tombent sur des jours normalement travaillés et quelles règles s’appliquent.
Peut-on utiliser 261 jours comme base de présence pour tous les salariés en 2026 ?
Non. C’est uniquement le nombre de jours du lundi au vendredi dans le calendrier 2026, avant jours fériés, vacances et particularités individuelles.
Sources et vérifications
Informations vérifiées le 18 septembre 2026. Les exemples chiffrés sont pédagogiques et leurs hypothèses sont précisées dans le texte. Les situations individuelles peuvent nécessiter une analyse complémentaire.
