Impôt à la source à Genève : guide 2026

Le guide Karpeo · Fiscalité et salaires

Impôt à la source à Genève : guide 2026

À Genève, l’impôt à la source est retenu directement sur les prestations imposables, généralement par l’employeur. Son montant dépend du revenu, de la situation familiale et des règles de calcul genevoises. Le prélèvement sur la fiche de salaire n’exclut toutefois pas une correction ou une déclaration fiscale ultérieure.

L’essentiel à retenir

  • Le domicile fiscal compte autant que le permis : tous les étrangers ne sont pas imposés à la source, et certains Suisses le sont.
  • Genève applique un modèle annuel, avec des retenues et décomptes mensuels.
  • Le barème dépend notamment de l’état civil, des enfants et des revenus du conjoint.
  • La DRIS corrige le prélèvement ; la TOU implique une déclaration fiscale complète.
  • Pour les revenus de 2026, la demande DRIS/TOU doit en principe parvenir dans le délai légal du 31 mars 2027.

Qui est soumis à l’impôt à la source à Genève ?

Ce guide aide les salariés à vérifier leur retenue et les employeurs à organiser la paie. Il concerne principalement les revenus d’activité salariée : les prestations de prévoyance, administrateurs, artistes ou sportifs obéissent aussi à des dispositions spécifiques.

Vous habitez en Suisse

Un salarié étranger sans permis C est en principe soumis à la retenue à la source. Un résident majeur suisse ou titulaire d’un permis C relève généralement de l’imposition ordinaire. Les travailleurs mineurs constituent un cas particulier, y compris lorsqu’ils sont suisses.

La situation du couple peut modifier cette règle : le conjoint suisse ou titulaire d’un permis C, domicilié en Suisse et vivant en ménage commun avec le salarié, entraîne généralement une imposition ordinaire du couple. Un PACS français ne doit pas être assimilé automatiquement au mariage ou au partenariat enregistré suisse.

La rémunération directe par un employeur étranger demande une analyse distincte. L’absence de société suisse ne permet pas, à elle seule, de conclure au régime applicable.

Vous habitez en France ou dans un autre pays

Un salarié domicilié à l’étranger travaillant à Genève est en principe imposé à la source sur le revenu attribuable à l’activité genevoise, sous réserve des conventions fiscales. Cela peut concerner un frontalier de nationalité suisse. Le permis G ne dispense donc pas d’examiner le domicile, les lieux de travail et la convention applicable.

Pour vérifier une situation particulière, l’AFC détaille les personnes soumises à l’impôt à la source.

Comment calculer la retenue sur le salaire ?

Il faut distinguer deux montants : le revenu effectivement imposable et le revenu utilisé pour trouver le taux. Les confondre produit des erreurs, notamment pour un engagement en cours d’année ou plusieurs emplois.

À Genève, le modèle est annuel. L’employeur prélève chaque mois, mais détermine le taux à partir d’un revenu annualisé puis adapte le calcul aux éléments réellement connus. Une retenue peut ainsi varier alors que le salaire de base n’a pas changé.

La démarche consiste à identifier les prestations imposables du mois, établir le revenu déterminant pour le taux, choisir le barème familial et appliquer le taux à l’assiette du mois. Le calcul part du brut fiscal concerné, pas simplement du net versé sur le compte bancaire.

Exemple simple, sans inventer un taux

Pour un salaire régulier de CHF 6’000 versé douze fois, sans autre élément, le revenu annuel de référence est de CHF 72’000. Le taux doit être recherché dans le barème 2026 correspondant à la situation du salarié. La retenue mensuelle s’obtient ensuite en appliquant ce taux à CHF 6’000.

Cet exemple n’est pas une estimation d’impôt personnalisée. Il devient insuffisant en présence d’allocations, d’un treizième salaire, d’un bonus, de plusieurs activités ou d’une période d’emploi incomplète.

Bonus, treizième salaire et année incomplète

Une prime imposable augmente l’assiette et peut modifier le taux annuel. Elle ne doit pas être traitée systématiquement comme un salaire mensuel récurrent à multiplier par douze. Lors d’une arrivée ou d’un départ en cours d’année, il faut distinguer revenus périodiques à annualiser et prestations non périodiques.

En pratique, conservez le détail des rubriques et des périodes auxquelles elles se rapportent. Pour comprendre un correctif, demandez le revenu annuel retenu pour le taux, et pas seulement le pourcentage figurant sur la fiche de paie.

Temps partiel et plusieurs employeurs

Un salarié à temps partiel avec un seul employeur, sans autre revenu ni indemnité, n’est pas automatiquement imposé au taux d’un salaire à 100 %. En revanche, plusieurs activités ou des indemnités complémentaires peuvent modifier le revenu déterminant. Le salarié doit annoncer son taux global d’activité ; sans cette information, une extrapolation à 100 % peut être appliquée.

Le cumul ne signifie pas que chaque employeur doit taxer tout le salaire de l’autre employeur. Chacun retient sur les prestations qu’il verse, selon les règles de détermination du taux. Les rémunérations horaires ou journalières nécessitent également de vérifier la périodicité réelle du versement.

Quel barème appliquer en 2026 ?

Les catégories ci-dessous présentent les situations usuelles. Le nombre associé à la lettre correspond aux charges retenues, sous conditions : avoir un enfant ne suffit pas toujours à obtenir immédiatement un barème avec charge.

BarèmeSituation usuelleVigilance
A0Célibataire, séparé, divorcé ou veuf sans charge admise ; union libre ou PACS françaisLa garde alternée ne donne pas automatiquement droit au barème H.
BCouple marié ou partenariat enregistré, conjoint sans revenu déterminant pour le barème CDes particularités existent pour certains fonctionnaires internationaux.
CCouple marié ou partenariat enregistré avec revenus d’activité ou de remplacement du conjointLes revenus peuvent être suisses ou étrangers.
HSituation monoparentale répondant aux conditions, ou certaines familles recomposées avec enfants d’une précédente unionDomicile, garde et entretien des enfants doivent être examinés.

Les enfants majeurs, pensions et gardes alternées requièrent une vérification des conditions genevoises. N’appliquez pas un barème favorable sur la seule base d’une déclaration orale. Les barèmes officiels et la calculette de l’AFC restent les références pour le millésime utilisé.

Le barème C n’intègre pas immédiatement le revenu réel du conjoint

Le barème C de perception tient compte d’un revenu théorique du conjoint. En 2026, celui-ci correspond au salaire du contribuable, avec un plafond annuel de CHF 70’500. Ce mécanisme peut créer un écart avec la situation réelle du couple.

Lorsque cet écart est important, un barème C de perception ajusté peut être demandé. La rectification ultérieure permet de tenir compte des revenus réels, avec les justificatifs nécessaires. Un revenu étranger pris en compte pour le taux n’est pas, pour cette seule raison, entièrement imposé à Genève.

Attention : tous les revenus du conjoint ne déclenchent pas le barème C. Les seules rentes AVS/AI, certaines autres rentes ou les revenus de fortune, par exemple, ne sont pas assimilés à un salaire ou aux indemnités de remplacement visées. Il faut qualifier le revenu avant de choisir le barème.

Que doit faire l’employeur ?

L’employeur agit comme débiteur de la prestation imposable. Son organisation doit permettre de justifier les calculs et de rapprocher les retenues des déclarations et paiements adressés à l’AFC.

  1. À l’engagement et chaque année : recueillir la déclaration pour le prélèvement de l’impôt à la source et les justificatifs nécessaires. Vérifier résidence, permis, état civil, charges et autres activités.
  2. À chaque paie : contrôler les rubriques imposables, le barème, le taux, les cumuls et les éventuels changements.
  3. Chaque mois : transmettre les données et reverser l’impôt dans les délais applicables, en principe dans les 30 jours suivant l’échéance de la prestation imposable.
  4. À la clôture annuelle : établir la liste récapitulative, remettre l’attestation-quittance au salarié et régulariser le solde au plus tard le 31 janvier suivant.

Les annonces d’entrée et de sortie doivent aussi être organisées ; leurs modalités diffèrent notamment selon l’utilisation d’ISeL ou d’ELM. Un logiciel à jour aide au calcul, mais ne remplace pas des informations personnelles fiables.

Pour votre entreprise, notre service de gestion des salaires peut accompagner l’établissement des paies et le suivi des obligations employeur.

Salarié : quels changements faut-il annoncer ?

Le salarié doit remettre une déclaration actualisée lorsque sa situation change, en principe dans les 14 jours : mariage, séparation, naissance, changement de garde, activité du conjoint ou cumul d’emplois. Joignez les documents qui permettent au service paie de traiter correctement l’événement.

L’obtention d’un permis C, la naturalisation ou un mariage avec un conjoint suisse ou titulaire d’un permis C peut faire cesser la retenue pour un résident. L’employeur adapte alors la paie selon la date applicable, généralement dès le mois suivant. Il faut aussi organiser les acomptes de l’imposition ordinaire : arrêter la retenue ne signifie pas arrêter de payer des impôts.

En cas de doute, signalez rapidement l’événement sans modifier vous-même le montant prélevé. Conservez une trace de l’annonce et contrôlez la fiche de salaire suivante.

DRIS ou TOU : quelle démarche choisir ?

Les deux démarches figurent sur le même formulaire genevois, mais ne produisent pas le même résultat.

DémarcheÀ quoi sert-elle ?Conséquence
DRISCorriger le revenu imposable, le taux, le barème ou certaines charges ; prendre en compte les revenus réels du conjoint sous barème CNouveau calcul dans le système de l’impôt à la source.
TOUÉtablir une taxation ordinaire, obligatoire ou demandée lorsque les conditions sont réuniesDéclaration fiscale complète ; les retenues à la source sont imputées sur l’impôt calculé.

La DRIS ne permet plus de demander des déductions supplémentaires telles qu’un versement au pilier 3a, un rachat du deuxième pilier ou des frais de garde effectifs. Ces éléments relèvent de la TOU, sous les conditions et limites de déduction applicables.

Quand la TOU est-elle obligatoire ?

Pour un résident, elle intervient notamment dès CHF 120’000 de revenu brut annuel soumis à la source. Pour un couple marié, ce seuil doit être atteint par au moins un conjoint : additionner deux salaires inférieurs au seuil ne suffit pas pour ce seul motif.

D’autres critères existent, notamment certains revenus non soumis à la source, une fortune imposable ou une activité indépendante. Le seuil pratique genevois de CHF 3’000 de revenus annuels non soumis à la source ne dispense pas de les annoncer en dessous de ce montant.

Chez les résidents, une première TOU entraîne en principe la poursuite de cette procédure les années suivantes tant que l’assujettissement à la source subsiste. Pour les non-résidents, les conditions et le renouvellement sont différents. Notre article sur le statut de quasi-résident approfondit ce sujet.

Une TOU peut augmenter votre impôt

Une déduction supplémentaire ne garantit pas un remboursement. La taxation ordinaire examine une situation plus large, et son résultat peut être supérieur à la retenue déjà versée. Avant une demande volontaire, comparez les deux calculs avec les revenus et la situation patrimoniale du foyer, sans vous limiter au montant du pilier 3a.

Quels délais respecter ?

Pour contester la retenue ou demander une TOU, le délai légal est le 31 mars de l’année suivant les prélèvements. Ainsi, les revenus 2026 sont concernés par le 31 mars 2027. Le délai pour les revenus 2025 était le 31 mars 2026.

N’attendez pas une attestation manquante pour préparer votre démarche. Les directives permettent de déposer la demande dans le délai en indiquant les pièces qui suivront. Le délai de demande DRIS/TOU ne doit pas être confondu avec celui de dépôt d’une déclaration fiscale ultérieure.

Rassemblez fiches de salaire, attestation-quittance, certificats de salaire, justificatifs du conjoint et documents familiaux. Conservez la preuve du dépôt. À réception d’une décision, lisez immédiatement les voies et délais de réclamation : ils constituent une étape distincte.

Frontaliers français et télétravail : les règles 2026

Genève ne relève pas du même accord frontalier que les huit cantons signataires de l’accord de 1983, dont Vaud et Valais. Une règle utilisée par un collègue travaillant dans un autre canton ne doit donc pas être transposée automatiquement.

Depuis le 1er janvier 2026, le régime franco-suisse applicable permet, sous conditions, jusqu’à 40 % de télétravail annuel depuis la France tout en maintenant l’imposition du salaire en Suisse. Ce n’est pas un quota hebdomadaire absolu ni une règle d’assurances sociales.

Les missions temporaires doivent être suivies séparément. Une tolérance allant jusqu’à dix jours s’articule avec le plafond fiscal de 40 %, avec des règles de prorata et de décompte. Dépasser la seule tolérance de missions ne produit pas nécessairement le même résultat que dépasser 40 % de télétravail proprement dit.

Si le télétravail lui-même dépasse 40 %, la rémunération correspondant aux jours télétravaillés en France devient imposable en France dès le premier jour concerné, et pas uniquement pour la fraction au-delà du seuil. Les jours travaillés en Suisse restent attribués à la Suisse selon les règles applicables.

L’employeur doit suivre les jours depuis 2026 et transmettre le taux à l’AFC ; la première transmission intervient en janvier 2027 pour 2026. Tenez donc un relevé exploitable dès maintenant. Les consignes genevoises sur le télétravail frontalier détaillent les cas et les obligations.

Questions fréquentes

Le permis B suffit-il à déterminer ma retenue ?

Non. Il faut aussi vérifier votre domicile fiscal, votre situation conjugale et les conditions de votre emploi. Le permis est un élément du dossier, pas un calcul fiscal complet.

Mon employeur peut-il me garantir un remboursement ?

Non. Il peut vérifier la paie et corriger les erreurs qui relèvent de son traitement. Une demande auprès de l’AFC et son résultat dépendent de votre situation et de la procédure choisie.

Dois-je arrêter la retenue si je remplis une déclaration TOU ?

Non, la TOU ne supprime pas à elle seule le prélèvement à la source. Les retenues sont prises en compte dans la taxation finale.

Puis-je utiliser les barèmes de l’année précédente ?

Il faut utiliser le millésime correspondant à la période imposée. Un contrôle annuel du paramétrage est nécessaire, même si le salaire et la famille n’ont pas changé.

Faire le point avec Karpeo

Vous souhaitez sécuriser les paies de votre entreprise ou comprendre une situation particulière ? Préparez le canton de domicile, le permis, l’état civil, le détail des revenus et l’année concernée. Ces informations permettent de définir le périmètre utile avant de commencer les calculs.

Vous pouvez réserver un échange de 30 minutes avec Sarah à CHF 89 TTC pour clarifier vos questions et les prochaines étapes. Cet échange ne comprend pas une étude fiscale complète ni l’établissement d’une déclaration.

Références officielles

Ce guide présente des règles générales. Les conventions fiscales, changements de résidence et situations familiales particulières nécessitent une vérification individuelle.

L’impôt à la source en vidéo

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Sarah Prieur, Experte-comptable diplômée

À propos de l’auteure

Sarah Prieur

Sarah Prieur est experte-comptable diplômée, associée et responsable opérationnelle de Karpeo. Elle accompagne les PME, les indépendants et les entrepreneurs en comptabilité, fiscalité et TVA, et supervise la qualité des dossiers. Avant Karpeo, elle a travaillé huit années en audit chez PwC Suisse, jusqu’au grade de manager.

Sarah Prieur

Sarah est associée chez Karpeo. Experte-comptable diplômée, elle est spécialisée en normes comptables IFRS et en reporting ESG. Elle dispose d’une solide expérience dans l'accompagnement de grands groupes et de sociétés cotées. Son expertise, sa rigueur et son engagement font d'elle une ressource précieuse pour les entreprises qu’elle accompagne.