Entrepreneuriat en Suisse : statistiques et chiffres à connaître
Les statistiques éclairent le tissu entrepreneurial suisse, à condition de distinguer créations, PME actives, emplois et faillites. Voici les repères et leur portée.
Quels chiffres décrivent l’entrepreneuriat en Suisse ?
La Suisse a enregistré 46’931 créations d’entreprises en 2023 selon la statistique de la démographie des entreprises de l’OFS. Pour la même année, le tableau des entreprises marchandes recense 624’219 PME, représentant plus de 99 % des entreprises de ce périmètre et environ deux tiers de ses emplois.
Ces chiffres ne mesurent pas la même chose : les créations sont un flux annuel, alors que le nombre de PME est un stock d’entreprises actives. Ils ne doivent pas être présentés comme des résultats de l’année 2026 simplement parce que cet article est actualisé en 2026.
| Indicateur officiel | Résultat | Année observée et périmètre |
|---|---|---|
| Nouvelles entreprises | 46’931 | 2023, démographie des entreprises UDEMO |
| PME actives | 624’219 | 2023, entreprises marchandes de 1 à 249 emplois |
| Emplois dans ces PME | 3’185’107 | 2023, même périmètre |
| Microentreprises | 561’952 | 2023, entreprises marchandes de 1 à 9 emplois |
| Emplois dans l’ensemble couvert par la STATENT | Environ 5,68 millions | 2024, périmètre global de la statistique structurelle |
| Ouvertures de faillites contre des entreprises | 12’485 | 2025, statistique des poursuites et faillites |
Les données 2024 de la STATENT ont fait l’objet d’une publication en août 2026. Elles ne permettent pas, à elles seules, de remplacer tous les tableaux détaillés sur les PME ou les cohortes de création par des chiffres 2024. Chaque série doit conserver son année et sa définition.
Combien d’entreprises sont créées chaque année ?
Le résultat de 46’931 nouvelles entreprises en 2023 décrit des créations économiques selon la méthodologie UDEMO. Il ne correspond pas automatiquement au nombre d’inscriptions au registre du commerce.
Une inscription peut intervenir dans une opération juridique qui ne crée pas une nouvelle activité économique. Inversement, une activité peut exister sans que sa mesure statistique corresponde exactement à une inscription au même moment. Les créations « ex nihilo » se distinguent notamment des reprises, fusions ou restructurations.
Beaucoup de projets commencent avec une seule personne
L’OFS indique que plus de quatre nouvelles entreprises sur cinq comptent un seul emploi à leur naissance dans les résultats de 2023. Cela décrit la taille initiale, pas nécessairement la forme juridique.
Une entreprise à un emploi peut être une raison individuelle, mais aussi une Sàrl ou une SA. Il serait donc incorrect de transformer ce chiffre en « plus de 80 % des créations sont des raisons individuelles » sans disposer d’une statistique sur les formes juridiques.
Pour un porteur de projet, cette donnée invite surtout à réfléchir à l’organisation d’une activité avec peu de ressources : production, prospection, administration, comptabilité et recouvrement doivent souvent être assurés par la même personne.
Création, croissance et transmission sont des réalités distinctes
La création n’est pas la seule voie entrepreneuriale. Reprendre une entreprise existante peut maintenir des emplois et une clientèle sans constituer une création ex nihilo. À l’autre extrémité, une entreprise jeune peut augmenter rapidement ses effectifs sans changer de forme juridique.
Notre article sur la vente et la transmission d’une entreprise aborde cette autre composante du renouvellement entrepreneurial.
Quelle place occupent les PME dans l’économie suisse ?
Dans le tableau officiel des entreprises marchandes pour 2023, une PME est une entreprise comptant moins de 250 emplois. Les microentreprises en comptent moins de dix. Cette définition statistique ne signifie pas qu’un même seuil s’applique automatiquement en droit fiscal, en révision ou dans un programme de soutien.
| Taille de l’entreprise | Entreprises en 2023 | Emplois en 2023 |
|---|---|---|
| Microentreprises, 1 à 9 emplois | 561’952 | 1’191’290 |
| Petites entreprises, 10 à 49 emplois | 52’476 | 1’015’392 |
| Moyennes entreprises, 50 à 249 emplois | 9’791 | 978’425 |
| Ensemble des PME | 624’219 | 3’185’107 |
Le même tableau compte 626’033 entreprises marchandes au total et 4’818’383 emplois. Les PME représentent donc environ 99,7 % des entreprises et 66,1 % des emplois de ce périmètre. Ces pourcentages sont calculés à partir des effectifs officiels, avec un arrondi à une décimale.
Les grandes entreprises sont peu nombreuses, mais emploient une part importante des personnes couvertes par la statistique. Le nombre d’entreprises ne suffit donc pas à mesurer leur poids en matière d’emploi.
Un tissu régional et sectoriel diversifié
Pour 2023, le tableau des PME recense notamment 123’288 PME dans la région lémanique, avec 580’495 emplois. La région statistique ne correspond pas au seul canton de Genève : il ne faut pas présenter ce total comme un chiffre genevois.
Les besoins de gestion varient selon l’activité. Une entreprise industrielle supporte des stocks et des équipements. Une société de services dépend davantage de la disponibilité de ses équipes et de la facturation du temps. Deux entreprises de même taille peuvent donc avoir des contraintes financières très différentes.
Que disent les taux de survie et les faillites ?
Les résultats UDEMO publiés sur 2023 montrent qu’environ la moitié des entreprises d’une cohorte sont encore actives après cinq ans. Un taux de survie à cinq ans observé en 2023 concerne des entreprises nées cinq ans plus tôt, et non celles créées en 2023.
Cette distinction entre année d’observation et année de création est essentielle. On ne peut pas connaître aujourd’hui le taux de survie à cinq ans d’entreprises qui viennent d’être créées.
Une cessation n’est pas nécessairement une faillite
Une entreprise peut cesser son activité pour différentes raisons : changement de projet, départ à la retraite, intégration à une autre structure ou difficultés économiques. Le taux de survie ne mesure donc pas directement le risque personnel de faillite d’un nouvel entrepreneur.
Pour 2025, l’OFS a enregistré 12’485 ouvertures de procédures de faillite contre des entreprises, soit une hausse de 61,2 % sur un an. L’Office indique que cette progression pourrait s’expliquer par le changement de base légale permettant désormais la faillite pour certaines créances de droit public impayées.
Il serait donc imprudent d’attribuer toute cette hausse à une dégradation économique ou à la qualité des projets. Une modification des règles peut changer le nombre de procédures observées.
Ce que l’on ne peut pas déduire des chiffres
Le nombre de faillites de 2025 ne doit pas être divisé par le nombre de créations de 2023 pour calculer un « taux d’échec ». Le numérateur et le dénominateur ne concernent ni les mêmes entreprises, ni la même période.
De même, une corrélation entre taille initiale et survie ne prouve pas qu’embaucher immédiatement garantit la pérennité. Le secteur, le financement et l’expérience de l’équipe peuvent aussi jouer un rôle.
Comment lire une statistique entrepreneuriale sans se tromper ?
Avant de reprendre un chiffre dans un business plan ou une présentation, vérifiez quatre éléments : la source, l’année observée, la population couverte et la définition de l’indicateur.
Une donnée récente sur l’emploi global ne remplace pas une mesure de créations. Un nombre d’établissements ne correspond pas toujours à un nombre d’entreprises, car une entreprise peut exploiter plusieurs sites. Le nombre d’emplois ne se confond pas non plus avec les équivalents plein temps ou le nombre de personnes distinctes.
Comparer ce qui est comparable
Pour mesurer une évolution, utilisez une série cohérente. Vérifiez les changements de méthode, de champ ou de législation. Une différence entre deux publications peut venir d’une révision statistique plutôt que d’un mouvement économique.
Pour comparer deux régions, un nombre brut de créations favorise mécaniquement les territoires plus peuplés. Un indicateur rapporté à la population ou au nombre d’entreprises peut répondre à une autre question, mais il faut conserver le même dénominateur partout.
Dater également les conclusions
Écrivez par exemple : « Les PME représentaient environ deux tiers des emplois des entreprises marchandes en 2023. » Évitez : « Deux tiers des Suisses sont entrepreneurs » ou « deux tiers de tous les emplois publics et privés relèvent de PME » si la source ne couvre pas ces populations.
Une formulation plus précise est souvent moins spectaculaire, mais beaucoup plus utile à un lecteur qui doit prendre une décision.
Comment utiliser ces chiffres pour préparer son entreprise ?
Les statistiques décrivent un environnement. Elles ne remplacent pas la validation de votre demande, de vos prix et de votre structure de coûts.
Pour transformer l’information en action, commencez par identifier votre segment de clientèle et le problème auquel vous répondez. Évaluez ensuite le volume d’affaires nécessaire pour couvrir vos charges et votre rémunération. Notre article sur le bénéfice d’une entreprise aide à distinguer ventes et rentabilité.
Préparez également un budget de trésorerie. Une entreprise peut facturer et manquer d’argent si ses clients paient après ses fournisseurs. Le suivi des liquidités doit donc accompagner le business plan dès le départ.
Enfin, mettez en place une revue régulière de vos hypothèses : acquisition des clients, marge, délais de paiement et dépenses récurrentes. Les données nationales donnent du contexte ; ces indicateurs propres à votre entreprise permettent de piloter.
Questions fréquentes sur l’entrepreneuriat en Suisse
Combien de PME la Suisse compte-t-elle ?
Le tableau officiel des entreprises marchandes recense 624’219 PME en 2023, définies comme des entreprises de 1 à 249 emplois. Il faut conserver cette année et ce périmètre lorsque le chiffre est cité.
Combien d’entreprises ont été créées en 2023 ?
L’OFS recense 46’931 nouvelles entreprises selon la statistique UDEMO. Ce total de créations économiques n’est pas directement interchangeable avec le nombre d’inscriptions au registre du commerce.
Une entreprise à un emploi est-elle forcément une raison individuelle ?
Non. La taille de l’entreprise et sa forme juridique sont deux caractéristiques distinctes. Une Sàrl ou une SA peut également compter un seul emploi.
La moitié des entrepreneurs font-ils faillite en cinq ans ?
Cette formulation est incorrecte. Le taux de survie mesure la continuité d’entreprises d’une cohorte. Une cessation d’activité n’est pas nécessairement une faillite et ne permet pas, à elle seule, de conclure à un échec personnel.
Pourquoi un article actualisé en 2026 utilise-t-il des données 2023 ?
Les statistiques détaillées sont publiées avec un décalage, notamment lorsqu’elles suivent les entreprises dans le temps. L’année de mise à jour de l’article ne doit pas être substituée à l’année réellement observée par chaque série.
Voir la vidéo de Romain sur ce sujet →
Sources et références
Informations vérifiées le 18 septembre 2026. Les exemples chiffrés sont illustratifs. Les règles citées s’appliquent au périmètre précisé dans cet article ; une situation individuelle peut nécessiter une analyse complémentaire.
